Lundi 26 janvier 2009

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Le gouvernement tchadien a accusé lundi le Soudan de continuer à soutenir les rebelles tchadiens en affirmant que Khartoum a participé à la création le 18 janvier de l'Union des forces de la résistance (UFR), qui réunit toutes les principales factions rebelles.

"Le gouvernement tchadien prend à témoin l'opinion nationale et internationale de la forfaiture que vient de commettre le Soudan à travers sa tentative de colmater les rangs de ses affidés", selon un communiqué transmis à l'AFP.

"C'est au bout d'une longue et pénible réunion organisée à Khartoum qu'a été annoncée une nouvelle composition (l'UFR, ndlr) destinée à déstabiliser le Tchad", affirme le gouvernement.

"Cette nouvelle alliance créée au forceps confirme la poursuite au grand jour par le régime de Khartoum de ses entreprises contre la paix au Tchad, en violation des engagements pris à Dakar, à Asmara, à Tripoli et à N'Djamena devant les pays frères et voisins et devant l'Union africaine (UA)", poursuit-il, en référence à différents accords signés.

N'Djamena, qui affirme qu'il "ne se laissera pas surprendre par des telles manoeuvres", compte sur la "prompte réaction des chefs d'Etat médiateurs notamment du groupe de contact, de l'UA et de l'ensemble de la communauté internationale pour couper court aux préparatifs belliqueux de Khartoum", conclut le communiqué.

Souvent minés par les conflits internes, les huit plus grands mouvements rebelles tchadiens ont fondé le 18 janvier l'UFR avec comme objectif de "renverser le régime d'Idriss Deby Itno". C'est la première fois qu'autant de mouvements sont réunis dans la même structure, présidée désormais par Timan Erdimi.

Les négociations préalables ont duré près de cinq mois et ont lieu au Soudan. La fondation de l'UFR a officiellement eu lieu à Hadjer Marfain, ville qui se trouve à cheval sur la frontière entre le Tchad et le Soudan et porte le même nom dans les deux pays.

Le Tchad et le Soudan s'accusent mutuellement de soutenir des rébellions chez leurs voisins. Chaque pays s'est engagé à plusieurs reprises notamment lors d'accords signés "à Dakar, à Asmara, à Tripoli" à ne plus financer ou soutenir de mouvements rebelles.

Le Soudan est considéré par de nombreux observateurs comme le principal bailleur de fonds et soutien des rébellions tchadiennes.

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Lundi 26 janvier 2009

Le président tchadien Idriss Deby Itno n'a pas reçu une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU qui était en visite vendredi soir et samedi matin dans son pays, une attitude jugée "risquée" par une source diplomatique faisant partie de la délégation.

Officiellement, le président Deby n'était pas dans le pays, mais de source diplomatique, on a indiqué qu'il était rentré vendredi soir d'une visite secrète en Libye et s'estimait "trop fatigué" pour recevoir la délégation des 15 pays membres du Conseil de sécurité en tournée dans la région.

"C'est la première fois qu'un président ne reçoit pas la délégation", a souligné une source diplomatique. "En faisant cela et dans la situation dans laquelle il (le président Deby) se trouve, il prend des risques" à l'égard de sa relation avec la communauté internationale, a estimé cette source.

La délégation a toutefois été reçue la veille au soir par le Premier ministre Youssouf Saleh Abbas, qui a formé fin avril un gouvernement "d'ouverture" auquel participent des membres de la CPDC, la principale coalition d'opposition.

"Nous avons reçu l'assurance du Premier ministre que des efforts sont faits pour poursuivre le dialogue avec le Soudan. Nous avons insisté sur la nécessaire poursuite de la réconciliation interne au Tchad et de l'amélioration de la situation des droits de l'Homme", a affirmé à l'AFP un membre de la délégation.

"De la même manière que nous l'avons fait à Khartoum, nous avons demandé au gouvernement tchadien d'exercer la plus grande retenue" dans les relations tchado-soudanaises, a-t-il ajouté.

Arrivée vendredi au Tchad, la délégation s'est rendue dans l'est du pays pour rencontrer des soldats de l'Eufor, la force européenne déployée dans le pays et le nord de la Centrafrique et visiter des camps de réfugiés. La délégation est repartie tôt samedi pour Kinshasa.

Le président Deby avait failli être renversé début février par une attaque rebelle qui, partie de bases arrière au Soudan, avait atteint N'Djamena. Plusieurs organisations ont dénoncé de nombreuses violations des droits de l'Homme dans le sillage de l'attaque.

Une commission d'enquête est chargée de faire la lumière sur tous ces événements. Fin avril, l'investiture du gouvernement de M. Abbas, ex-conseiller diplomatique de M. Deby mais aussi ancien rebelle rallié, avait été considérée comme un signe d'ouverture par les observateurs et des diplomates étrangers, dont le haut représentant de l'Union européenne (UE) pour la politique de sécurité Javier Solana.

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Lundi 26 janvier 2009

Le président tchadien Idriss Deby Itno n'a pas reçu une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU qui était en visite vendredi soir et samedi matin dans son pays, une attitude jugée "risquée" par une source diplomatique faisant partie de la délégation. Officiellement, le président Deby n'était pas dans le pays, mais de source diplomatique, on a indiqué qu'il était rentré vendredi soir d'une visite secrète en Libye et s'estimait "trop fatigué" pour recevoir la délégation des 15 pays membres du Conseil de sécurité en tournée dans la région.
"C'est la première fois qu'un président ne reçoit pas la délégation", a souligné une source diplomatique. "En faisant cela et dans la situation dans laquelle il (le président Deby) se trouve, il prend des risques" à l'égard de sa relation avec la communauté internationale, a estimé cette source.
La délégation a toutefois été reçue la veille au soir par le Premier ministre Youssouf Saleh Abbas, qui a formé fin avril un gouvernement "d'ouverture" auquel participent des membres de la CPDC, la principale coalition d'opposition.
"De la même manière que nous l'avons fait à Khartoum, nous avons demandé au gouvernement tchadien d'exercer la plus grande retenue" dans les relations tchado-soudanaises, a-t-il ajouté.
Arrivée vendredi au Tchad, la délégation s'est rendue dans l'est du pays pour rencontrer des soldats de l'Eufor, la force européenne déployée dans le pays et le nord de la Centrafrique et visiter des camps de réfugiés. La délégation est repartie tôt samedi pour Kinshasa.
Le président Deby avait failli être renversé début février par une attaque rebelle qui, partie de bases arrière au Soudan, avait atteint N'Djamena. Plusieurs organisations ont dénoncé de nombreuses violations des droits de l'Homme dans le sillage de l'attaque.
Une commission d'enquête est chargée de faire la lumière sur tous ces événements. Fin avril, l'investiture du gouvernement de M. Abbas, ex-conseiller diplomatique de M. Deby mais aussi ancien rebelle rallié, avait été considérée comme un signe d'ouverture par les observateurs et des diplomates étrangers, dont le haut représentant de l'Union européenne (UE) pour la politique de sécurité Javier Solana.

"Nous avons reçu l'assurance du Premier ministre que des efforts sont faits pour poursuivre le dialogue avec le Soudan. Nous avons insisté sur la nécessaire poursuite de la réconciliation interne au Tchad et de l'amélioration de la situation des droits de l'Homme", a affirmé à l'AFP un membre de la délégation.
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Samedi 24 janvier 2009

Après le manifeste politique, les mouvements politico-militaires : CDR, FPRN, FSR, RFC, UFCD, UFDD et UFDD-F, dans un esprit patriotique, viennent de franchir un pas important vers une réelle réunification du mouvement national en lutte contre la dictature. Cette dynamique unitaire constitue incontestablement  une prise de conscience des dirigeants de l’opposition que sans une vraie unité, il ne peut y avoir ni de victoire sur les forces du mal, ni d’alternance politique au Tchad.

Depuis 18 ans, les Tchadiens attendent un vrai changement, un ven

d’air frais, bref, un véritable soulagement de leurs conditions de vie misérables. Ils ont fondé tous leurs espoirs sur la résistance armée car le régime dictatorial et clanique de Deby ne comprend, hélas, que le langage des armes.

Les Tchadiens, comme tous les autres peuples aspirent à la paix, à la démocratie, à la justice et à la pleine et équitable jouissance de leurs ressources. Ces aspirations bien fondées ne peuvent se réaliser que dans un État de droit où les valeurs républicaines priment sur la conception actuelle du système politique de Deby basée sur la corruption, les détournements des deniers publics, le favoritisme, l’incompétence, le bradage des ressources, la fracture sociale, la déliquescence de l’administration, le “bafouement” de la souveraineté et de la dignité nationales…; bref, un État-  razzia. Dans un État où le citoyen doit être jugé et apprécié non selon son appartenance ethnique, clanique, religieuse ou son degré de délinquance mais selon ses valeurs intrinsèques, ses compétences et sa probité.

Les attentes de notre peuple sont certes énormes et justifiées. Cependant, elles ne pourront être satisfaites miraculeusement par le simple renversement de la dictature clanique, abjecte et dévalorisante mais en opérant de profonds changements à ce système politique maffieux, instauré par le MPS depuis 1990 et qui avilit le citoyen tchadien.

Nous ne pouvions y parvenir qu’en conjuguant nos efforts dans un esprit d’unité, d’abnégation et de nationalisme.  Aujourd’hui, avec la création de l’Union des Forces de la Résistance (UFR), le 18 janvier 2009,  se pointe à l’horizon une grande opportunité de battre ensemble la dictature qui sévit dans notre pays depuis bientôt deux décennies et œuvrer pour la mise en place des conditions  propices à l’instauration d’une vraie République démocratique et à la conquête de  l’indépendance réelle du Tchad.

Face à cette dynamique unitaire, le Conseil national de redressement du Tchad (CNR), fidèle à ses principes politiques qui ont toujours prôné l’unité du mouvement national de la résistance ne peut que se réjouir de la naissance de l’UFR et lui apporte son soutien politique, humain et matériel. Le CNR lance donc un appel solennel à tous ses militants et sympathisants à apporter leur aide à l’UFR par tous les moyens afin de contribuer efficacement à la victoire des forces nouvelles du changement.

Par la même occasion, nous invitons vivement les forces de l’armée nationale tchadienne, qui servent de chair à canon au dictateur Idriss Deby, de prendre leurs responsabilités devant l’histoire et devant le peuple en  refusant de défendre le despote et de s’en tenir strictement à leur mission salvatrice : la défense de la patrie en danger.

 

Vive l’unité du mouvement national de la résistance!

Vive le Tchad libre, républicain, démocratique et socialement avancé!

 

Fait à Ottawa,  le 24 Janvier 2009

Dr. Bichara Idriss Haggar

Président du CNR

 
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Samedi 24 janvier 2009

 

Les mouvements de la résistance nationale tchadienne, membres de L'union des Forces de résistance (UFR) réunis du 22 au 24 janvier 2009 à Hadjer Marfain ont procédé à la désignation par consensus du président de l'UFR.

Le camarade Timan Erdimi a été élu président. Le reste du bureau du bureau exécutif sera publié incessamment.

Cette étape si importante pour l'opposition armée tchadienne est une chance pour notre lutte et un espoir pour l’ensemble du peuple tchadien.

L'UFR s'engage, dès le renversement de la dictature, à mettre en place un pouvoir libre et démocratique conforme aux aspirations du peuple tchadien.

Elle appelle tous les opposants à la rejoindre pour mettre fin au régime décadent et à bout de souffle d'Idriss Deby.

Pour les mouvements de l'UFR

Le président de séance   
Abderaman Koulamallah

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Vendredi 23 janvier 2009


Le chef rebelle Timan Erdimi a été élu vendredi président l'Union des forces de la résistance (UFR), structure créée en début de semaine et qui rassemble les huit plus grosses factions rebelles tchadiennes, de sources concordantes au sein de la rébellion.

Cette élection ne sera toutefois officialisée et ratifiée que samedi lors de l'élection du bureau exécutif du mouvement fraîchement créé.

Dirigeant du Rassemblement des Forces pour le Changement (RFC), Timan Erdimi a été élu "par consensus" alors que trois candidats étaient pressentis, dont Adoum Hassabalah de l'Union des forces pour le changement et la démocratie (UFCD), de même source.

Le principal chef rebelle, le général Mahamat Nouri de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) et président de l'Alliance Nationale qui avait mené l'offensive sur N'Djamena en février 2008, a "lui-même proposé" Timan Erdimi, un des ses anciens principaux rivaux, selon une source de la rébellion.

Huit mouvements rebelles tchadiens ont mis fin à des mois de brouille pour créer l'Union des forces de la résistance (UFR), dont l'objectif est de "libérer le peuple tchadien" et qui procèdera à des "préparatifs militaires".

"Notre objectif reste la libération du peuple tchadien et de renverser le régime de la dictature", avait affirmé lundi à l'AFP l'ancien porte-parole de l'Alliance nationale (AN), Ali Gueddei, vice-président de la commission ad hoc de l'UFR.

"L'UFR va nous permettre de mieux lutter contre le régime", avait déclaré lundi à l'AFP Timan Erdimi, assurant que l'objectif était de "renverser le régime d'Idriss Deby".

Les mouvements négociaient depuis cinq mois.

Un mouvement uni de rébellion, l'Alliance nationale (AN) dirigée par le général Mahamat Nouri, avait mené en février 2008 une offensive sur N'Djamena et avait été tout près de renverser le régime du président Idriss Deby Itno, acculé à son palais.

Des divergences étaient alors apparues au sein du camp rebelle pour désigner un chef et les rebelles avaient finalement été repoussés.


D'ethnie Zaghawa comme Idriss Deby Itno, Timan Erdimi a notamment été directeur du cabinet de l'actuel président tchadien. Il a également dirigé Coton Tchad. Son frère jumeau Tom a aussi été un des hauts fonctionnaires du régime de Deby dans les années 1990, s'occupant notamment du pétrole.


Timan Erdimi s'était brouillé avec Deby en 1996. Il avait notamment créé avec son frère le SCUD (Socle pour le changement, l'unité nationale et la démocratie, puis le Rassemblement des Forces démocratiques (RaFD) et enfin le RFC.


Selon des observateurs avisés, les combats entre les troupes de Timan Erdimi, qui a notamment participé à l'offensive sur N'Djamena en 2008 avant de la claquer la porte de l'AN, sont toujours particuliers puisqu'ils opposent des combattants appartenant parfois à la même famille.


Les Zaghawas, dont une partie vit au Darfour, participent également à la rébellion dans ce territoire soudanais et il est probable que Timan Erdimi n'était pas le favori du président soudanais Omar el-Bechir, qui a souvent été un bailleur de fonds de la rébellion tchadienne.


(©AFP / 23 janvier 2009 21h44)

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Vendredi 23 janvier 2009

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Le chef rebelle Timan Erdimi a été élu vendredi président l'Union des forces de la résistance (UFR), structure créée en début de semaine et qui rassemble les huit plus grosses factions rebelles tchadiennes, a appris l'AFP de sources concordantes au sein de la rébellion.

Cette élection ne sera toutefois officialisée et ratifiée que samedi lors de l'élection du bureau exécutif du mouvement fraîchement créé.

Dirigeant du Rassemblement des Forces pour le Changement (RFC), Timan Erdimi a été élu "par consensus" alors que trois candidats étaient pressentis, dont Adoum Hassabalah de l'Union des forces pour le changement et la démocratie (UFCD), de même source.

Le principal chef rebelle, le général Mahamat Nouri de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) et président de l'Alliance Nationale qui avait mené l'offensive sur N'Djamena en février 2008, a "lui-même proposé" Timan Erdimi, un des ses anciens principaux rivaux, selon une source de la rébellion.

Huit mouvements rebelles tchadiens ont mis fin à des mois de brouille pour créer l'UFR, dont l'objectif est de "libérer le peuple tchadien" et qui procèdera à des "préparatifs militaires".

"L'UFR va nous permettre de mieux lutter contre le régime", avait déclaré lundi à l'AFP Timan Erdimi, assurant que l'objectif était de "renverser le régime d'Idriss Deby".

Les mouvements négociaient depuis cinq mois.

Un mouvement uni de rébellion, l'Alliance nationale (AN) dirigée par le général Mahamat Nouri, avait mené en février 2008 une offensive sur N'Djamena et avait été tout près de renverser le régime du président Idriss Deby Itno, acculé à son palais.

Des divergences étaient alors apparues au sein du camp rebelle pour désigner un chef et les rebelles avaient finalement été repoussés.

D'ethnie Zaghawa comme Idriss Deby Itno, Timan Erdimi a notamment été directeur du cabinet de l'actuel président tchadien. Il a également dirigé Coton Tchad. Son frère jumeau Tom a aussi été un des hauts fonctionnaires du régime de Deby dans les années 1990, s'occupant notamment du pétrole.

Timan Erdimi s'était brouillé avec Deby en 1996. Il avait notamment crée avec son frère le SCUD (Socle pour le changement, l'unité nationale et la démocratie, puis le Rassemblement des Forces démocratiques (RaFD) et enfin le RFC.

Selon des observateurs avisés, les combats entre les troupes de Timan Erdimi, qui a notamment participé à l'offensive sur N'Djamena en 2008 avant de la claquer la porte de l'AN, sont toujours particuliers puisqu'ils opposent des combattants appartenant parfois à la même famille.

Les Zaghawas, dont une partie vit au Darfour, participent également à la rébellion dans ce territoire soudanais et il est probable que Timan Erdimi n'était pas le favori du président soudanais Omar el-Bechir, qui a souvent été un bailleur de fonds de la rébellion tchadienne.

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Vendredi 23 janvier 2009

 

http://www.afriquechos.ch/IMG/jpg/Nouri2_450.jpg

 

La mort politique de Mahamat Nouri : comment Nouri s’est-il tué.
Plusieurs éléments nous permettent aujourd’hui d’annoncer la mort politique d’un dinosaure  à savoir la trahison, les erreurs stratégiques et les mauvais conseillers qui ont livré Mahamat Nouri à la mort politique.
En effet, Mahamat Nouri Allatchi a été très mal conseillé dans la récupération de ses erreurs  passées et surtout de l’une des dernières erreurs où il est allé déclarer devant les Arabes que  le Tchad est un pays arabo-musulman. Cette petite déclaration, très mal gérée par la suite, va  pousser Nouri vers une descente où il ne se relèvera jamais.
Pour rappeler brièvement à ceux qui auront oublié ou n’ont pas suivi cette affaire, Mahamat Nouri est allé déclarer devant un auditoire arabe et musulman que le Tchad est un pays de culture arabo-musulmane.  Joe Al Kongarena, un jeune tchadien de culture non arabo-musulmane, avait réclamé à Nouri de préciser son discours pour rassurer  le Tchad laïc. Mahamat Nouri lui oppose un refus. Pour Joe, c’est politiquement incorrect et inacceptable.
 
La brouille est partie.   

La brouille est partie et a pris une allure que Nouri et ses partisans ne sauront jamais contrôler ni maitriser et  va mener à la chute politique de Nouri qui ressemble davantage à une mort politique.  Joe ne revendique plus  une révision des déclarations de Nouri sur la laïcité du Tchad mais  il déclare qu’il doute de la capacité même de Nouri à diriger le Tchad. Il défit les nouristes dans un appel à un débat sur les compétences de Nouri à diriger le Tchad. Tous évitèrent le débat et refusèrent l’occasion de défendre leurs patrons. Ils laissent donc un vide excepté quelques rares personnes comme Ousmane Hissein qui ont balancé quelques incohérences désespérées. Face à l’approche méthodique et à la rigueur des arguments de Joe qui réussi à semer le doute dans l’esprit des tchadiens sur la capacité de Nouri, les papiers d’Ousmane n’ont pas tenu.

A vrai, la grosse erreur des nouristes vient de l’équipe de communication qui a laissé le vide à une personne capable de l’exploiter. Joe Al n’est pas né de la dernière pluie et a montré aux nouristes les conséquences de leurs démissions pour les uns et incompétences pour les autres. Il avale très rapidement le vide laissé par les nouristes et attaque méthodiquement Mahamat Nouri sur tous les plans : la compétence générale, la morale, la capacité intellectuelle, les connaissances transversales. Il réussit à semer le doute que Nouri soit le président attendu par les tchadiens. Ensuite, il passe des insuffisances de Nouri à ces défauts il montre du doigt sa médiocrité. Joe va jusqu’à attaquer l Nouri sur un terrain que personne n’oserait lever un doigt: les compétences et expériences militaires de Mahamat Nouri, général de son état des corps armés au Tchad.

De l’arme du doute, Joe passe à la rigueur des raisonnements et réussit à convaincre beaucoup de tchadiens qui ont suivi cette affaire, et même les soudanais, que Nouri ne possède pas les compétences pour répondre aux tâches qui lui sont confiées.  

C’est pendant cette période de démission de l’équipe de communication de Nouri face à l’attaque systématique et le courant d’opinion lancé par Joe qu’un certain Michelot Yogogomba, nouriste et pro habré, réalisant tardivement le mal que  pourrait créer le courant d’opinion mis en place, se précipite au Soudan auprès de Nouri pour sauver les meubles. La maison a déjà brulé. Mr Michelot trouve Nouri et le convainc de revenir sur sa déclaration. Cela calmerait ce jeune réfractaire qui brule la maison avec le vieux dedans. Du moins, il espérait.

Mahamat Nouri écoute Michelot et revient sur sa déclaration en marmonnant que le Tchad est bel et bien laïc. Mais, Joe est passé à autre chose et s’occupe déjà de Nouri lui-même et embarque beaucoup de tchadiens qui sont sortis de leur peur et ont pondu des articles dans le même sens.

Le recul de Nouri a donné une autre dimension à Joe Al et du même coup a beaucoup déçu les partisans de Nouri qui ont perçu comme une repentance et se demandent pourquoi Nouri descendrait si bas? La vérité, c’est que Nouri a bel et bien été très affaibli après la défaite de février 2008 au cœur de Ndjamena au niveau interne et a déçu les Soudanais et les Arabes.  Il était facile de l’achever politiquement. En fin de compte, le recul a tout simplement donné raison à Joe et fait perdre une carte précieuse à Nouri.

Le vieux apparait affaibli et les tchadiens doutent de lui

La dernière carte sûre que Mahamat Nouri pourrait revendiquer en tant que général de l’armée tchadienne et ainsi prendre de l’avance sur les autres dirigeants politico-militaires s’est volatilisée. Le grade de Nouri fut présenté par Joe comme étant de même nature et valeur que ceux des charlatans et autres abrutis qui ne savent même pas que la terre tourne, mais qui sont quand même généraux et commandent des bataillons de l’armée tchadienne. Nouri vient de tout perdre pour se faire un crédit quelconque aux yeux des tchadiens voir des partenaires étrangers.  

Dès lors, le vieillard Mahamat Nouri ne s’est jamais remis des mauvais conseils venant de son propre camp, de ses propres erreurs et  de ses déclarations irréfléchies. Il s’est politiquement tué.  

Comme dit dans un commentaire d’un lecteur, Nouri était 2e au temps de Habré, 2e au temps de Deby et sera encore 2e sous Timan Erdimi. La mort politique de Mahamat Nouri vient du fait qu’il ne pourra plus jamais reprendre le dessus sur Timan Erdimi parmi les rebelles même si Deby devrait rester là. Et même si ce n’est pas Timan, d’autres chefs politico-militaires le contesteront. Il est affaibli au sein de la rébellion et n’est rien à Ndjamena sou Deby.  Sans acquis politique à l’intérieur du Tchad et avec les fatigues de l’âge, il est politiquement bel et bien mort.


Brahimy Mahamat Abdelkerim

Biltine10@yahoo.fr

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Vendredi 23 janvier 2009

La récession économique actuelle dans le monde affectera le Tchad dans sa croissance à cause de la baisse des recettes liées aux ressources pétrolières et du recadrage probable des aides bilatérales et multilatérales.
Après la crise financière, tous les pays développés, principaux partenaires économiques du Tchad, annoncent la récession économique en attendant probablement une crise économique. Ils connaissent déjà ou connaitront une forte baisse de leurs productions durant toute l’année 2009. Dans ces conditions, il est évident que cette situation se répercutera sur l’économie du Tchad. En l’absence d’indicateurs précis permettant de déterminer exactement à quelle période le Tchad subira l’effet de la récession, nous pouvons, à travers d’autres indicateurs de la conjoncture et de la croissance, ressortir les secteurs fragiles et sensibles, susceptibles d’être paralysés si des mesures structurelles et conjoncturelles ne sont pas anticipées pour protéger l’ensemble de l’économie nationale. Nous nous focaliserons précisément sur les sources de financement des programmes de développement et l’orientation de la politique économique à moyen et long termes récapitulé dans le document de la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté qui consacre un volet spécifique à la relance et au maintien de la croissance économique à l’horizon 2015.


La baisse des ressources d’exportation


Dans le cadrage macro économique, la première et principale source de la croissance économique du Tchad est l’accumulation des recettes pétrolières cumulées aux effets positifs d’un afflux d’investissements directs étrangers. De ce côté, les chiffres ne font pas craindre le pire, car théoriquement ce ne sont que les retombées directes qui vont en pâtir puisque directement indexées sur le prix du brut actuel. Fluctuant au-delà de 102 milliards de Fcfa annuel, on peut s’attendre logiquement à une baisse du surplus attendu à cause de la chute des cours. En ce qui concerne les revenus indirects, leur baisse sera plus accentuée du fait de la conjoncture continuellement dégradante et de la fermeture des usines de sidérurgie et de la diminution des travaux de construction et de transport ayant une forte consommation des matières premières énergétiques dans les principaux pays clients du Tchad déjà en récession, à savoir les USA, la France, l’Allemagne et surtout la Chine. Pour cette dernière, le trop d’optimisme du Tchad dans la coopération et les accords doit être tempéré et conduit prudemment, car son économie est en récession à 7,5% du taux de croissance, son plus bas niveau depuis 19 ans. Ainsi, l’on s’attendra à voir en baisse les recettes pétrolières, les dépenses publiques dans les secteurs prioritaires, l’investissement privé, la croissance et l’emploi dans les secteurs non pétroliers.


Les institutions financières internationales


La deuxième source sûre de financement des programmes de développement du Tchad à l’horizon 2015 est, en dehors des ressources pétrolières, la coopération bilatérale, l’aide extérieure, la réduction des dettes (260 millions de dollars US) conditionnée par la stricte observation de la Facilité de réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC). Malheureusement, ce dernier programme est suspendu depuis août 2005 au premier décaissement de 38 millions de dollars couvrant la période 2005-2008. La dernière mission du FMI, du 06 au 19 novembre 2008, conduite par Sukhinder, chef de division adjoint au département Afrique, n’a pas donné des indications précises sur la reprise des financements. La démarche du FMI serait donc plus d’ordre technique en vue d’apprécier les indicateurs de la croissance du Tchad que pour la reprise effective des financements. La déclaration finale de la mission souligne que : « le FMI reste prêt à appuyer le Tchad en lui apportant ses conseils de politique économique et son assistance technique, si des progrès suffisants sont accomplis dans la gestion des finances publiques, par l’intermédiaire d’un programme de référence ». Quant à la Banque Mondiale, détenant au 30 septembre 2007 un ensemble de dix projets actifs correspondant à des engagements de financement de 302 millions USD dans le cadre de la stratégie d’assistance-pays, elle s’est faite remboursée de manière anticipée les prêts au Tchad. Son départ classe désormais le Tchad dans le box des mauvais élèves. Pointant du doigt la mauvaise gestion financière du pays, elle ne serait pas prête à reprendre la coopération avec le Tchad si l’ensemble de ses conditions n’est pas rempli. Ce qui est un dilemme pour le Tchad pour qui la Banque Mondiale a depuis toujours été le garant des investissements parmi lesquels le projet pétrole. Tout compte fait, le seul partenaire financier détenant un projet de financement acquis est l’Union Européenne pour la période 2008-2013 d’un montant de 299 millions d’euros dans le cadre du Xème FED.


L’état des politiques conjoncturelles


L’économie du Tchad est une économie totalement ouverte. Le commerce, en pourcentage du PIB, montre bien le degré d’ouverture de l’économie. De 1999 à 2005, le taux est passé de 50,5 à plus de 100% en 2004 et 98% en 2005. Ainsi, si l’augmentation des recettes du pétrole entraîne de facto celle des dépenses publiques dans les secteurs prioritaires, l’investissement privé, la croissance et l’emploi dans les secteurs non pétroliers, la baisse des recettes pétrolières paralyserait profondément les dépenses publiques dans les secteurs prioritaires. La production du pétrole est en baisse depuis 2 ans et le serait encore cette année. Même avant la récession économique, les contre-performances du secteur pétrolier ont déjà affecté négativement la croissance de 1,7 point en 2007. On s’attendait aussi à une baisse des ressources pétrolières même en dehors de la crise. Si la réserve accumulée de la manne précédente n’est pas stockée, il serait très difficile de faire face à la conjoncture lorsque la récession s’accentuera au courant 2009. En ce qui concerne les autres produits à l’exportation, notamment les cultures vivrières et le coton, leur contribution à la croissance économique est non seulement insignifiante, mais surtout négligée car tout est axé sur les contributions du secteur pétrolier. La contribution des cultures vivrières à la croissance a été négative pour la deuxième année consécutive. Il est extrêmement difficile de tabler sur une hausse de la demande interne dans ce secteur. Du coté des finances publiques et du fonctionnement des structures économiques, la situation pourrait être plus inquiétante en temps de récession. Les mesures conjoncturelles prises par les autorités ont dans leur ensemble échoué. Pour mémoire, la non-application des mesures sur les matériaux de construction. Les mesures conjoncturelles prises sur les prix ont souvent été sources d’inflation. Au niveau du parlement, la situation est plus confuse en matière de politique de régulation des prix et de la concurrence. Du point de vue des organes d’études économiques en place, l’Institut national des statistiques, des études économiques et démographiques (Inseed) est techniquement peu doté en ressources matérielles et humaines pour produire des indicateurs fiables en temps réels permettant d’orienter la politique conjoncturelle. La situation sera plus critique encore en temps de pleine récession si l’Inseed ne fournit que des indicateurs partiels et avec retard. Cela aggraverait la situation car nous serions amenés à appliquer des mesures et politiques économiques de lutte contre la récession tirées des modèles sur les indicateurs d’autres pays. Quant à la cellule économique et au ministère de l’Economie et du plan chargés de l’élaboration de la politique économique, les incohérences et les limites de la Stratégie nationale de réduction de la pauvreté (SRNP) montrent bien que ces organes n’ont pas encore cerné les besoins réels de l’économie tchadienne et peinent toujours à élaborer les politiques économiques spécifiques adaptées. Tout compte fait, l’on s’attend à ce que le Tchad, une fois dans la tourmente des effets de la récession, ne soit abandonné qu’à lui-même avec des structures et organes internes autonomes très limités, ne permettant pas de prendre des mesures précises et efficaces. Le soutien des institutions de Bretton Woods n’est pas acquis et même s’il en sera question, ce ne sera qu’au moment où le pays sera profondément touché pour éviter que la crise humanitaire s’accentue. Certes, la Chine demeure le partenaire et allié économique important avec un permis d’exploration pétrolière et un gigantesque projet de 250 millions USD incluant la construction d’une usine de raffinage et d’une centrale électrique. Mais il faut tempérer l’optimisme de cette coopération car elle est désormais en récession. Et la coopération avec le Tchad ne peut certainement pas primer sur la vie des Chinois. Thierry Masra Mbanguingar


QUELQUES ORIENTATIONS POSSIBLES


Du coté des organes et institutions économiques, théoriquement la venue des économistes de formation expérimentés à la tête des institutions financières clés est obligatoire. La ligne des nominations actuelles du gouvernement doit être maintenu comme une des solutions de restructurations des organes et institutions économiques quitte à ce que ces institutions aient un accès aux données financières et monétaires réelles et soient dotés d’une profonde motivation pour conduire la politique de croissance au détriment des intérêts politiques stratégiques.

1- Evaluer les réserves actuelles de la manne pétrolière épargnée et activer le fonds de stabilisation afin de confronter les possibilités de couverture des programmes et mesures de relance par les fonds internes si jamais le recours au financement externe n’est pas possible.

2- Lancer une vaste politique de grands travaux dans des investissements industriels sur les besoins réels de production et non de négoces et de services qui sont peu créateurs d’emploi et génèrent peu de valeur ajoutée. Ceci est non seulement créateur d’emploi à court terme mais permettrait surtout à terme de transformer sur place les matières premières à l’exportation et donc accroître la capacité productive du pays et sa compétitivité dans les secteurs non pétroliers.

3- Le fonctionnement des comptes spéciaux et la tenue des dépenses budgétaires devraient obligatoirement être réévalués et réorientés pour soutenir la politique précédente car certains investissements infrastructurels dans de nombreux secteurs finiraient par être improductifs et puisqu’ils ne sont pas vraiment des besoins réels.

4- Lancer un vaste programme de productions des cultures vivrières pour une autosuffisance alimentaire agricole à l’instar du Sénégal.


par Naygotimti Bambé(cefod)

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Vendredi 23 janvier 2009

Depuis la ratification le 02 octobre 1990 de la Convention sur les Droits de l’enfant (CDE) et plus tard de la Charte africaine sur les droits de l’enfant (CADE), les droits de l’Enfant ont connu une légère progression significative, même s’ils sont souvent mal compris ou mal interprétés.
Le degré de protection de l’enfant est fonction des traditions et des valeurs culturelles qui, la plupart du temps, encouragent la violation des droits de l’enfant et la discrimination entre les sexes. L’absence d’un Code de personne et de la famille perpétuera cette situation dans la mesure où l’article 156 de la Constitution de la République dispose que “jusqu’à leur codification, les règles coutumières et traditionnelles ne s’appliquent dans les communautés où elles sont reconnues”. L’alinéa 2 du même article précise que “toutefois, les coutumes contraires à l’ordre public ou celles qui prônent l’inégalité entre les citoyens sont interdites”. La difficulté, c’est celle d’apprécier ce qui est contraire à l’ordre public de ce qui ne l’est pas. Car ce qui est interdit dans une communauté peut être vénéré dans une autre. Les efforts faits pour respecter et réaliser les droits des enfants sont souvent sapés par les règles coutumières. Quelques exemples pratiques aideraient à mieux comprendre.


La difficulté d’harmonisation


Pour des raisons de santé, l’âge requis au premier mariage pour la fille doit être relevé. Or, nous avons relevé pendant les journées d’information sur les réformes législatives en faveur des enfants que la question de l’interdiction du mariage précoce soulève des débats très houleux en raison de la forte influence des coutumes. Au regard de la CDE, l’enfant est tout être humain âgé de moins de 18 ans. Cependant, l’âge de la majorité au Tchad est encore apprécié différemment selon les textes. En application du Code Civil de 1958 en vigueur au Tchad, la majorité civile est atteinte à 21 ans et l’âge légal au mariage est fixé à 15 ans pour la fille et 18 ans pour le garçon. Du point de vue coutumier, cet âge au mariage est implicitement fixé à 13 ans en vertu de l’article 277 du Code pénal qui dispose que “la consommation d’un mariage coutumier avant que la fille n’ait atteint l’âge de treize ans est assimilé au viol et punie comme telle.” Le code électoral fixe la majorité électorale à 18 ans, l’âge minimum légal d’admission à l’emploi est de 14 ans conformément au Code du Travail. Cette disparité se traduit par les nombreuses violations des droits de l’enfant. L’harmonisation de l’âge de l’enfant permettra de corriger la disparité de l’âge observée dans les textes en vigueur. Dans les familles nombreuses l’on considère comme socialement acceptable le fait d’envoyer les enfants travailler loin de la famille. Des attestations signées des parents et employeurs sont délivrées. Quelquefois, ces attestations sont contresignées par des autorités administratives ou mieux encore ces autorités ont eu à délivrer des certificats d’adoption contrairement aux textes en vigueur. Tous ces comportements constituent bien un blocus à la politique de lutte contre les pires formes de travail et la traite des enfants.


L’environnement législatif


Le processus d’harmonisation des textes nationaux avec les instruments juridiques internationaux déclenché depuis 2001 avance difficilement. La plupart des textes élaborés et adoptés sont restés au stade d’avant-projets. Et les rares textes adoptés ne sont pas suffisamment vulgarisés et sont quelquefois méconnus par ceux-là mêmes qui sont chargés de les appliquer. Dans certains cas, la mauvaise conduite du processus d’élaboration du texte de loi rend difficile son application une fois que la loi est adoptée. C’est le cas de la loi N°06/PR/2002 du 15 avril, portant promotion de la santé de reproduction qui interdit le mariage précoce, les mutilation génitales féminines sans prévoir la répression en renvoyant d’une manière vague aux dispositions du Code Pénal. La loi pénale étant d’interprétation strict, le juge ne peut prendre cette responsabilité d’inventer une peine sous peine de tomber sous le coup de l’article 1er du Code pénal. La législation concernant les droits de l’enfant est restée fragmentée en différentes lois. La minorité d’une victime ne constitue que des circonstances aggravantes pour l’auteur. Notre code pénal datant en outre de 1967 est devenu obsolète face aux nombreux phénomènes avilissants dont font l’objet les enfants. A cette faiblesse de la législation s’ajoutent d’autres facteurs de blocage tels que : l’absence des magistrats spécialisés dans le domaine de la protection des enfants, l’ignorance et la méconnaissance des textes protégeant les enfants, l’insuffisance de formation des acteurs chargés de la protection.


L’insuffisance des ressources financières


En parcourant le budget général de l’Etat, il est aisé de constater que très peu de ressources sont allouées aux rares structures ayant en charge la question de l’Enfant. 18 ans après la ratification de la CDE et des autres instruments juridiques internationaux de protection de l’enfant, les efforts accomplis sont loin de satisfaire les différentes composantes pouvant garantir un environnement protecteur aux enfants. Si l’engagement politique est sans équivoque, le rôle de l’Etat doit être précisé pour éviter les confusions. Le processus d’harmonisation doit être conduit à son terme pour permettre de valoriser les attitudes, traditions et coutumes protectrices des enfants.
Extrait de la communication de Irène Orthom.
 Par
Naygotimti Bambé ( CEFOD)

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