Vendredi 13 mars 2009


Zouhir Latif, correspondant de la chaîne France 24 et du journal Al Hayat, est le deuxième journaliste à être expulsé du Soudan en un mois, après l’Egypto-canadienne Heba Aly. Rencontre à Genève avant la pubiication du mandat d’arrêt contre Omar Al Bashir. Propos recueillis par Isolda Agazzi/InfoSud/Tribune des droits humains - Zouhir Latif - journaliste tunisien réfugié en Grande Bretagne - couvrait le conflit du Darfour depuis deux ans. Il vivait à Khartoum, où il avait aussi été consultant pour le Programme alimentaire mondiale(PAM).  Le 27 février, il a été arrêté pour « avoir dépassé son mandat », mais grâce à la pression d’ONG de défense des droits de l’homme, de la France et de la Grande Bretagne, il a été libéré après 48 heures et expulsé du Soudan. Lundi il était de passage à Genève, avant de s’envoler pour La Haye, où la Cour pénale internationale (CPI) s’apprêtait à délivrer le mandat d’arrêt contre le président Al Bashir. Zouhir Latif dénonce la propagande pro-arabe du régime soudanais et affirme que celui-ci soutient les rebelles tchadiens. Il craint que les films qu’on lui a confisqués soient utilisés contre les témoins et les victimes civiles du Darfour.
Qu’est-ce qui vous a poussé à aller au Darfour ?

L’absence presque totale de couverture du conflit par les médias et les ONG arabes. J’ai voulu voir de mes propres yeux si les médias occidentaux exagèrent, comme on le dit souvent.
Et alors, ils exagèrent ?

Non, j’ai trouvé une réalité affreuse ! Mais j’ai aussi constaté que la plupart des médias occidentaux ne travaillent que par un angle : ils viennent du Tchad et filment les camps de déplacés. Or, au Darfour il y a aussi la vie : les gens se marient, font la fête, jouent au foot, vont au marché.
Comment avez-vous obtenu l’autorisation de vous rendre au Darfour, refusée à la plupart des journalistes ?

Au début, les autorités soudanaises voyaient d’un bon œil la présence d’un journaliste arabe, convaincues que le monde entier est contre elles et les musulmans - même si le conflit du Darfour est intra-musulman et intra-sunnite. Ils me prenaient pour un « cousin ». C’est difficile d’obtenir une permission pour le Darfour : il faut l’autorisation du Ministère de l’information, des militaires et des services de renseignement – quatre tampons en tout. Et une fois sur place, on recommence la même procédure dans toutes les villes. Pour un visa de quinze jours, on en perd quatre dans les formalités administratives. De surcroît, on ne peut se déplacer qu’avec un guide et on n’a pas le droit de sortir des trois grandes villes. Mais ce n’est pas là qu’il y a les principaux problèmes et petit à petit, au fil de mes articles, j’ai commencé à gêner.
Pourquoi ?

J’ai réussi à entrer en contact avec presque tous les rebelles, soudanais et tchadiens. J’ai montré qu’une bonne partie des rebelles tchadiens se trouvent sur le territoire soudanais et qu’ils sont soutenus par Khartoum, qui a toujours nié. Mahtmat Nouri, l’ex-ministre de la défense tchadien, et Timan Erdimi, le président de la coalition d’opposition tchadienne, ont confirmé devant ma caméra qu’ils sont financés par le Soudan.  J’ai aussi montré que tous les Soudanais arabes ne soutiennent pas le régime de Khartoum. C’est pourtant ce qu’il prétend, en essayant de convaincre la communauté arabe, majoritaire au Darfour, que les Bleus (les Africains) et la communauté internationale sont contre les « Arabes ». Par mon travail au PAM, j’ai prouvé aux « Arabes » qu’il n’en est rien. Le gouvernement soudanais a alors déclaré que j’avais dépassé mon rôle de journaliste. Oui, je suis journaliste, mais aussi militant des droits de l’homme. J’ai aussi filmé beaucoup de massacres. J’étais le seul journaliste présent lors de l’attaque de Mouhajiriya, en février [combats entre l’armée gouvernementale et les rebelles du JEM ont eu lieu pendant trois semaines dans la ville de Mouhajiriya, dont l’armée affirme avoir repris le contrôle début février]. J’ai montré que les bombardements de l’aviation militaire soudanaise ne ciblaient pas seulement les rebelles, mais aussi les civils.


Que faut-il pour faire la paix au Darfour ?

Inclure la société civile et les mouvements de paix. Ils sont complètement ignorés, alors que d’illustres militants sont contre ce qui se passe au Darfour. Car ce conflit, ce n’est pas un problème entre tribus arabes et africaines, comme le gouvernement le présente, mais le délire d’un régime dictatorial  Le problème est que la communauté internationale ne parle qu’avec les plus forts militairement. On cherche la paix avec des criminels - le JEM, le SLA et les autres mouvements rebelles sont responsables de plusieurs crimes, tout comme le gouvernement. La communauté internationale voit les problèmes du Tchad, du Darfour et de la Centrafrique de façon isolée. Pourtant, plus d’1,5 million de personnes ont la double nationalité tchadienne et soudanaise. Il ne peut y avoir de paix au Darfour sans une paix réelle au Tchad. Mais même la mission de l’ONU au Tchad n’est pas en contact avec les Tchadiens au Soudan et vice versa.
Que va-t-il se passer maintenant ?

Il sera intéressant [après la publication du mandat d’arrêt contre le président Al-Bashir] de voir ce que vont faire les pays qui ont ratifié les statuts de la Cour et qui ont une ambassade au Soudan. Vont-ils encore reconnaître le régime de Khartoum ? Le parti gouvernemental va organiser des manifestations pendant quelques jours, mais sans plus. Par contre, le régime risque de trouver des excuses pour mettre à la porte certaines ONG internationales.  Sur le plan politique, avec la crise financière, Khartoum ne peut plus tenir ses engagements avec les tribus des Janjaweed, qui ont commencé à se révolter. Le baril de pétrole est à 38 dollars aujourd’hui, alors qu’il était à 140 il y a encore six mois. Quant à moi, je vais retourner au Darfour par mes propres moyens. J’y suis déjà entré plus de dix fois avec une carte de séjour et j’ai été renvoyé. Cette fois, je vais y aller sans.


Source: http://www.france24.com
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Vendredi 13 mars 2009

PARIS (AFP) L'insécurité "demeure très répandue" dans l'est du Tchad un an après le déploiement de la force européenne (Eufor), estime la responsable de l'ONG Oxfam International au Tchad, dans un communiqué publié jeudi à Paris."Alors que l'Eufor quitte le pays, il est indispensable de crier haut et fort que l'insécurité demeure très répandue, les habitants continuent de vivre dans la peur et l'insécurité au Tchad", assure Pauline Ballaman.


Selon Oxfam International, "les violences sexuelles augmentent et les groupes armés continuent de recruter des enfants soldats en toute liberté".L'ONG relève également que les organisations humanitaires "sont désormais des cibles délibérées" et qu'elles sont parfois "contraintes de suspendre des opérations et à abandonner à elles-mêmes les populations".Oxfam avance le chiffre de 25 attaques en moyenne par mois depuis novembre dernier, et plus de 10 attaques contre des travailleurs humanitaires déclarées depuis début 2009.


"La nouvelle force onusienne doit faire de la lutte contre l'insécurité à grande échelle sa priorité", ajoute Mme Ballaman, estimant que les soldats "doivent s'attaquer directement aux pillages et au banditisme rampants".


La Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat 2) prendra le 15 mars la relève de l'Eufor, même si des éléments de la force européenne, qui avait mandat d'un an, resteront en position jusqu'à ce que les soldats onusiens soient en place. Le ministres de Affaires étrangères, Bernard Kouchner, doit se rendre au Tchad en fin de semaine pour cette occasion.


De son côté, Oxfam France appelle la Minurcat à adopter "une approche plus globale", sinon "la nouvelle force souffrira des mêmes défauts que son prédécesseur", estime l'ONG. Ainsi, l'organisation estime que l'Union européenne, et en premier lieu la France, "doit faire en sorte que la société civile, les groupes armés, ainsi que les dirigeants traditionnels et religieux soient rassemblés pour régler les causes profondes du conflit". "Sans un processus politique global, il n'y aura pas de paix durable au Tchad", poursuit l'ONG.


L'Eufor, qui compte environ 3.300 hommes dont plus de la moitié fournis par la France, était chargée de veiller à la sécurité d'une mission de police de l'ONU, de faciliter le travail des responsables humanitaires et de protéger les habitants du Darfour (région de l'ouest du Soudan) réfugiés dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, ainsi que les déplacés tchadiens et centrafricains, soit plus de 450.000 personnes.

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Vendredi 13 mars 2009

PARIS (AFP) La France s'apprête à réduire de moitié son contingent déployé au Tchad et en Centrafrique au sein de la Minurcat 2, la force de l'ONU qui prendra dimanche le relais d'une force européenne, a annoncé jeudi l'état-major des armées à Paris. Sur les 1.650 militaires français engagés depuis un an sous les couleurs de l'Union européenne dans l'opération Eufor Tchad/RCA, chargée de protéger les réfugiés du Darfour et les déplacés au Tchad, 850 seront désengagés et 800 passeront sous casque bleu.


"Leur mission sera d'accompagner la montée en puissance de la force onusienne et le retrait progressif de la force européenne", a précisé le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck lors d'un point de presse.


Fin janvier, le Premier ministre François Fillon avait annoncé "qu'au moins" 1.000 des 1.650 soldats de l'Eufor quitteraient à terme le Tchad et la République centrafricaine.

Le chef du gouvernement avait précisé que "pendant quelques mois encore", la France continuerait "de fournir à l?ONU l?aide technique utile à son installation, en particulier un certain nombre de capacités logistiques". "Nous maintenons pour le moment sur place un bataillon logistique de 450 soldats ainsi que 350 autres militaires à Forchana (Tchad) et Birao (RCA) où ils seront relevés dans les prochains mois par des contingents ghanéens et togolais", a précisé le commandant Prazuck.


Un sous-officier français a trouvé la mort lors de l'opération Eufor Tchad/RCA le 3 mars 2008 dans un accrochage en territoire soudanais où il s'était apparemment égaré avec une patrouille.

La France compte par ailleurs 1.100 soldats stationnés au Tchad dans le cadre du dispositif Epervier, opération française lancée en 1986 au titre d'un accord bilatéral. Celle-ci est maintenue en l'état pour l'heure. La France a été le premier contributeur en troupes de l'opération européenne, commandée sur le terrain par un officier français, le général Jean-Philippe Ganascia.
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Mercredi 11 mars 2009

La présidente de la région Poitou-Charentes Ségolène Royal (Reuters)"Il y a quelque chose d'indécent à mettre en avant ces dissensions sur la constitution des listes par rapport aux difficultés que nous vivons", a lancé la présidente de Poitou-Charentes.

Ségolène Royal a jugé "les zizanies" au Parti socialiste sur la constitution des listes pour les Européennes "indécentes" au regard de la crise, sur France inter mercredi 11 mars. Elle a appelé à ce qu'elles "se terminent rapidement" pour que le PS obtienne "le meilleur score possible".
"Quand on voit des situations de paupérisation" apparaître, "y compris parmi les Français qui travaillent, les zizanies au sein du PS paraissent assez dérisoires et je pense qu'il faut qu'elles se terminent et rapidement pour que nos candidats fassent le meilleur score possible", a déclaré la présidente de Poitou-Charentes.
"Il y a quelque chose d'indécent à mettre en avant ces dissensions sur la constitution des listes par rapport aux difficultés que nous vivons", a-t-elle ajouté.

"Que chacun remplisse ses responsabilités"

"Il y a une patronne au PS, c'est Martine Aubry, moi j'ai pris du retrait par rapport à la constitution des listes parce que ce n'est pas mon rôle. Que chacun remplisse ses responsabilités", a aussi déclaré l'ex-candidate à la présidentielle.
Selon elle, il faut s'en remettre au vote des militants jeudi qui "dans chacune des régions ont la liberté de vote".
La fronde contre les listes élaborées par la direction est menée par le maire de Lyon Gérard Collomb, proche de Ségolène Royal. Ce dernier est mécontent du parachutage dans sa région Sud-Est d'un autre royaliste Vincent Peillon.
Mardi, "L'espoir à gauche", regroupant les partisans de Ségolène Royal au PS, a indiqué que "la quasi-unanimité" de ses représentants au sein de la direction voterait jeudi en faveur des listes.
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Mercredi 11 mars 2009

Soldats français intégrés dans la force de l'Otan en Afghanistan (Reuters)

Fin d'une hypocrisie ou perte d'indépendance de la France : alors que Nicolas Sarkozy doit officialiser ce mercredi le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan, l'Assemblée nationale se montre divisée.

 


Le président Nicolas Sarkozy a convié mercredi 11 mars le gotha politico-militaire pour annoncer officiellement et expliquer le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan, 43 ans après que de Gaulle l'eut quitté avec fracas.
A l'Assemblée nationale, le retour annoncé de la France au sein du commandement intégré de l'Otan fait débat : fin d'une hypocrisie ou perte d'indépendance de la France ?

Inquiétudes

A droite, la majeure partie de l'UMP et le Nouveau Centre devraient se ranger derrière François Fillon, qui engagera la responsabilité de son gouvernement sur la politique étrangère de la France, le 17 mars à l'issue du débat sur la réintégration de l'Otan.
"Nous voulions un débat et un vote", s'est réjoui François Sauvadet (NC) en apportant le soutien de l'ensemble de son groupe au Premier ministre.
La question divise en revanche l'UMP, tiraillée entre ceux qui craignent trahir l'héritage du général de Gaulle et les autres, pour lesquels il faut mettre fin à une hypocrisie.
"La France n'a pas le choix", juge Claude Goasguen, qui "suivra le gouvernement mais avec beaucoup d'inquiétude" quant au "changement de la diplomatie américaine".
Pour Pierre Lellouche, "cela fait 20 ans que la France se rapproche de manière rampante" des Etats-Unis et "le président (Nicolas Sarkozy) a raison de mettre fin à un tabou et une hypocrisie".
"C'est notre intérêt national, cela ne gêne en rien notre indépendance et il a obtenu des contreparties extrêmement importantes", dit-il.
Des contreparties dont la gauche doute fort: elles sont "minimes" pour Jean-Michel Boucheron (PS) alors que la "démarche risque d'affecter l'image de notre pays dans le monde" et que ce n'est pas le rôle de la France que de se faire "l'ambassadeur des États-Unis".

"Pieds et mains liés"

A l'UMP, villepinistes et souverainistes -minoritaires au sein du groupe- sont sur la même longueur d'ondes : "c'est un signe que la France est totalement pieds et mains liés aux Américains, on aurait pu se passer de ce message", confie Jean-Pierre Grand.
Selon François Goulard, une quarantaine de députés UMP partagent cette inquiétude, déjà exprimée par deux anciens Premiers ministres de Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Alain Juppé.
Tous ne devraient cependant pas l'exprimer lors du vote du 17 mars.
Evitant de poser directement la question de l'Otan, le vote de confiance portera en effet sur l'ensemble de la politique étrangère de la France.
C'est une "mauvaise manière", qui vise à "empêcher les députés de s'exprimer", traduit François Goulard.
Comme ses deux collègues, Jacques Myard ne prendra pas part au vote, estimant que le retour dans l'Otan est "une faute diplomatique".
"Erreur diplomatique", dit aussi Noël Mamère (Verts), selon qui "rejoindre l'Otan, qui ne sert plus à rien, ne fait que confirmer la tendance atlantiste du président de la République".
Au nom du PCF, qui réclame un référendum, Marie-George Buffet juge que le retour dans l'Otan est "une perte d'indépendance" pour la France. "On ferait mieux de travailler à la construction de l'Europe au lieu de se mettre sous le couvert de l'Otan sous l'égide des USA".

Explications attendues de Sarkozy

Le discours de Nicolas Sarkozy, très attendu, refermera un colloque de la Fondation sur la recherche stratégique (FRS) à l'Ecole militaire, opportunément intitulé "la France, la défense européenne et l'Otan au XXIe siècle".
S'il n'y a plus de suspens sur le principe même de ce retour -François Fillon a engagé la responsabilité du gouvernement-, le chef de l'Etat devrait en préciser les contours et la philosophie.
Deux marches resteront à gravir ensuite: le vote du Parlement appelé à se prononcer mardi sur la politique étrangère de la France et, subsidiairement, la question de l'Otan et le sommet du 60e anniversaire de l'alliance, organisé les 3 et 4 avril de part et d'autre du Rhin, à Strasbourg et Kehl (Allemagne).
Avant le discours de clôture du chef de l'Etat, deux ministres, Hervé Morin (Défense) et Bernard Kouchner (Affaires étrangères), l'actuel secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer et son prédécesseur, Javier Solana, numéro un de la diplomatie européenne, se seront exprimés.

Les Français favorables à 58%

Membre fondateur de l'Otan en 1949, la France ne l'a jamais quittée et en est aujourd'hui le quatrième contributeur budgétaire et le cinquième en troupes.
Depuis 1995, des milliers de soldats français ont été engagés dans les trois grandes opérations menées par l'organisation transatlantique, en Bosnie, au Kosovo et en Afghanistan.
En 1966 cependant, le général de Gaulle avait claqué avec fracas la porte de son commandement intégré, au nom de la souveraineté d'une France qui développait alors son programme nucléaire.
Quatre décennies plus tard, le renoncement à cette voie singulière par un président souvent taxé "d'atlantisme" fait encore grincer des dents.
Certains, dans la majorité y voient un bradage de l'héritage gaulliste tandis que l'opposition dénonce une initiative susceptible de ruiner l'image d'indépendance de la France.
Les Français, quant à eux, semblent majoritairement favorables à l'initiative du président Sarkozy, à 58%, selon l'Ifop, et à 52%, selon LH2.
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Mercredi 11 mars 2009


Les assaillants qui ont été interpellés ont fait leurs premières déclarations aux enquêtes policières. Les dispositions sécuritaires ont été renforcées ces derniers jours dans la ville de Kousseri. Les rives du Lac Tchad côté Cameroun sont systématiquement couvertes par des unités mixtes mises sur pied au lendemain de l'attaque par un groupe de malfrats de la résidence du Préfet du Logone et Chari. En effet dans la nuit du 19 au 20 février dernier alors que le préfet du Logone François Bona Ebengue se trouvait dans l'arrondissement de Goulfey, un groupe de malfrats cagoulés, arrivés à bord d'une pirogue, a fait irruption dans la résidence officielle du préfet. Cette résidence étant située en bordure du Logone (au niveau de la frontière) à quelques pas du territoire tchadien.


D'après nos sources et sur la base des dépositions faites par les membres de la famille du préfet auprès des services de sécurité, les bandits sont arrivés autour de deux heures du matin. Ils ont alors entrepris avec succès de briser la porte arrière de la résidence du préfet. Un préalable à leur intrusion dans le vaste salon de l'autorité administrative. Les malfrats qui sont au nombre de deux comme dans un acte savamment répété s'engouffrent dans la chambre de François Bona Ebengue. Son épouse est surprise par les braqueurs qui profèrent des menaces et présentent des armes blanches.

C'est ainsi qu'ils exigent argent, objets de valeurs (bijou, téléphones.) et effets vestimentaires du préfet du Logone et Chari. Le tout se chiffre à plusieurs millions de francs puisqu'on indique qu'ils ont emporté avec eux une importante somme d'argent. Le forfait commis, ils s'échappent en territoire tchadien à l'aide de la pirogue où était posté un des leurs. Toujours est-il que, les éléments de la police de faction ce soir-là, étaient visiblement endormis. Puisqu'ils confient n'avoir rien entendu.


Officiels


Toujours est-il qu'après le départ des ravisseurs de circonstance, Madame Bona Ebengue a alerté son époux alors à Goulfey. Les éléments de la gendarmerie, de la police et l'armée de terre vont se mettre en alerte. Les officiels tchadiens vont être mis à contribution pour traquer ceux par qui l'attaque de la résidence du préfet du Logone et Chari s'est faite. La conjugaison des efforts entre les forces de défense camerounaise et tchadienne va conduire à l'interpellation des trois présumés braqueurs.

Les nommés Ousman Balama, Akassou Kalbassou et Helenka Pascal vont être appréhendés par la gendarmerie tchadienne à N'Djamena. Ces derniers vont avouer leur forfait et ont été immédiatement mis à la disposition de la direction des Renseignements généraux de la police tchadienne.


De l'exploitation de ces trois personnes par les forces de défense camerounaise, il ressort qu'ils sont tous des tchadiens. Le chef de gang présumé, le nommé Ousman Balama a indiqué aux enquêteurs être un militaire tchadien. De la fouille qui a été opéré à sa résidence, de nombreux effets du préfet ont été retrouvés. Une moto qu'il a achetée au lendemain du forfait a été récupérée par la gendarmerie tchadienne. Ses autres compagnons eux aussi sont réputés être des militaires. Un statut que n'a pas confirmé une autorité de la police tchadienne que Mutations a pu joindre hier en fin de soirée.

Selon toute vraisemblance en tout cas, Ousman Bamama et ses compagnons d'infortune vont être jugés à N'Djamena au Tchad ainsi que nous l'ont confié les autorités militaires camerounaises proches de l'enquête. Mais il reste que les circonstances et les motivations réelles de ces assaillants restent floues ainsi que l'attestent les commentaires qui ont cours dans la ville de Kousseri.

Source:
http://www.quotidienmutations.info/

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Mercredi 11 mars 2009


Plus d’une centaine de leaders d’opinion, des chefs de village et ressortissants des villages de la région du Centre traversés par le pipeline, se sont retrouvés jeudi 5 mars dans la ville phare du département de la Lékié, pour en évaluer les dégâts et les promesses non tenues.

Les Enjeux du rendez-vous d’Obala

Le Centre comporte le plus grand nombre de villages traversés par le pipeline (un peu plus de 100 sur 242 au total). A la fin de la construction pipeline Tchad Cameroun en 2003, Cotco a affirmé que tous les problèmes sociaux et autres revendications étaient réglés. Cinq ans après, l’on se rend bien compte qu’ils en existent davantage. « Le projet de pipeline a suscité beaucoup d’espoirs. Le grand pari était d’arriver à transformer ce projet commercial en un projet de développement bénéfique aux populations de manière palpable et visible ; le moins étant que les communautés ne tombent pas à un niveau de pauvreté supérieur à celui qui était le leur avant le projet. Avec ce qui se passe dans nos plantations de cacaoyères, lorsqu’on sait que des centaines de personnes ont été déplacées, les champs ont été détruits et mêmes des espaces sacrés, on comprend que le tracé du pipeline n’a pas été le miracle espéré. Beaucoup d’espoirs ont été déçus », clament les chefs traditionnels présents dans la salle.

Après une série de descentes sur le terrain, la Fondation camerounaise d’actions rationalisées et de formation sur l’environnement (Focarfe) a ramené et mis sur la table de négociation plus de 400 cas. A cause de la très grande attente des populations mais aussi parce que certaines choses n’ont pas été faites comme elles ont été promises, la rencontre d’Obala a pris les allures d’un tribunal du peuple. Les enjeux ont porté sur la nécessité de donner des informations crédibles aux communautés qui en sont les principales victimes et qui subissent au quotidien les affres du pipeline. « Les communautés ont besoin d’une information vitale ; parce que lorsqu’il y a absence d’informations, la nature ayant horreur du vide, l’information généralement biaisée se fabrique par elle-même. Ce qui peut avoir des conséquences parfois néfastes dues aux frustrations qui naissent ici et là », explique Honoré Ndoumbé.

Selon lui, les 400 plaintes ont été soumises à une plate forme au sein de laquelle, on retrouve : le constructeur Cotco, la banque mondiale et surtout le Cpsp, l’organe étatique en charge de cette question. Cela a débouché sur des règlements, des traitements qui ont permis de régler un certain nombre de situations même si on peut déplorer le très long délai de traitement. « L’autre déficit important repose sur la communication. La plate forme se tenant à Yaoundé autour d’un petit nombre d’experts, les populations qui sont les principales concernées n’en savent pas grande chose sur: le traitement, le sort réservé aux revendications émises. Cette absence d’information peut déboucher sur des frustrations pouvant entraîner éventuellement des actes de déresponsabilisations » commente Ndoumbé Nkotto.

Plaidoyer pour la création de la redevance pétrolière

Au-delà de l’information sur le bilan social, les communautés attendent des recettes concrètent de règlement de leurs problèmes d’hier et d’aujourd’hui. Pour les participants, la plateforme du bilan social doit s’améliorer en efficacité. Ils ont demandé que leurs doléance, complaintes, avis, suggestions à la base, soient bien transmis, pour irriguer la nouvelle stratégie de la plateforme. « Laisser des individus affectés dans leurs revenus, moyens d’existence et autres, sans espoir ni idéal serait nourrir des frustrations dont la paix sociale n’a absolument pas besoin » commente le représentant du maire d’Obala. Il en ressort des échanges que les compensations payées ou non, à leur juste valeur ou non, sont de toutes les façons pour presque tous les villages, un souvenir qui n’a pas laissé beaucoup de traces visibles. Et pourtant, le pétrole quant à lui, coule et coulera encore longtemps, générant des revenus non négligeables. N’en est-on pas à 60 milliards Fcfa à ce jour ? C’est en chœur que les représentants des communautés souhaitent qu’un pourcentage à définir de cette rente pétrolière, transitant par les villages soit alloué en espèces ou en nature, dans le modèle des redevances forestières et minières. « C’est un pourcentage qui doit être défini par l’Etat. La redevance forestière, c’est 50%. La redevance minière c’est 25%. Au Tchad, dans la région productrice, il y a 5%. L’Etat peut donc dire 10% du transit. Si on enlève 10%, cela ferait que sur 60 milliards, on aura 6 milliards qui auraient été alloués aux populations ; pas seulement en espèces sonnantes et trébuchantes mais par des ouvrages, des infrastructures préférentielles et spécifiques à ses zones » soutient le coordinateur de la Focarfe.

Source: http://www.lemessager.net/

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Mercredi 11 mars 2009

Alors que la quasi-totalité de la classe politique soudanaise dit soutenir le président Omar el-Béchir dans son combat contre la justice internationale, l'opposant islamiste Hassan al-Tourabi et sa formation d'opposition, le Parti du Congrès populaire (PCP), ont apporté hier leur soutien à la Cour pénale internationale (CPI) et au mandat d'arrêt lancé mercredi contre le président soudanais, accusé de crimes de guerre et contre l'humanité pour son rôle présumé dans les violences au Darfour.

L'opposant Tourabi avait été arrêté mi-janvier, après avoir affirmé à des médias internationaux que le président Béchir, dont il fut un mentor, était « politiquement coupable » de crimes commis au Darfour. Les conditions de sa libération - dans la nuit de dimanche à lundi - restent floues.

Source: http://www.lesechos.fr/

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Lundi 9 mars 2009
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Lundi 9 mars 2009

KHARTOUM- Le président soudanais Omar Hassan al Bachir a justifié samedi sa décision d'expulser les ONG de son pays, affirmant que les membres de ces organisations étaient des "voleurs". Le chef de l'Etat soudanais, objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, a participé à une nouvelle manifestation organisée par ses partisans dans la capitale Khartoum.


Bachir avait annoncé, au lendemain de l'émission du mandat d'arrêt mardi, qu'il ordonnait le départ de 13 organisations humanitaires internationales qui opèrent notamment dans la région du Darfour. "Ces organisations humanitaires sont simplement des voleurs," a-t-il lancé à la foule. "Ils prennent 99% de l'argent et ils n'en laissent qu'un pour cent sur le terrain." Bachir a également exprimé tout le mépris qu'il pouvait éprouver pour les mesures judiciaires dont il est l'objet de la part de la CPI. "Si des gens veulent s'en prendre à nous, ils feraient mieux de ne pas adopter des décisions au Conseil de sécurité de l'Onu ou à la CPI. Ils feraient mieux de venir ici et de nous affronter face à face", a-t-il déclaré. Le ministre soudanais de l'Information a annoncé que Bachir va continuer à rassembler ses partisans avec une visite au Darfour dimanche.


POSITION AMBIGUË


Dans la journée, le parti au pouvoir dans la région semi-autonome du Sud-Soudan avait exhorté le gouvernement de Khartoum à revenir sur sa décision d'expulser les organisations humanitaires. "Les personnes déplacées au Darfour sont dépendantes de ces organisations humanitaires. Cela pourrait être catastrophique (...) Nous espérons qu'ils vont changer d'avis", a déclaré le porte-parole du Mouvement de libération du peuple soudanais (SPLM) Yien Matthew.


Le porte-parole du SPLM a précisé que le chef d'Etat soudanais n'avait pas consulté les autorités du Sud-Soudan avant de prendre sa décision mais connaissait leur opposition. Il s'agit des premiers commentaires d'un parti soudanais sur ces expulsions que de les Occidentaux et les Nations unies ont fermement condamnées en raison des risques d'aggravation de la situation de centaines de milliers de réfugiés.


Après deux décennies de guerre civile, le SPLM est aux affaires dans le Sud semi-autonome et fait partie de la coalition de gouvernement à Khartoum avec le Parti du congrès national de Bachir. Il avait maintenu jusqu'à lors une position ambiguë sur la procédure engagée par la CPI, affirmant que Khartoum devait coopérer avec l'autorité judiciaire de La Haye, mais sans dire à quel niveau.


Version française Pierre Sérisier

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