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Mercredi 11 novembre 2009

 

Le journaliste Harry Roselmack, le 22 août 2006 dans un studio de TF1 à Paris
© 2009 AFP (Olivier Laban-Mattei)
Harry Roselmack, le présentateur "joker" du journal télévisé du soir de TF1, est le journaliste préféré des Français devant Marie Drucker (France 2, France 3, Europe 1) et Patrick Poivre d'Arvor, l'ex-titulaire du JT de TF1, selon un sondage réalisé pour le JDD.fr.

Harry Roselmack, le présentateur "joker" du journal télévisé du soir de TF1, est le journaliste préféré des Français devant Marie Drucker (France 2, France 3, Europe 1) et Patrick Poivre d'Arvor, l'ex-titulaire du JT de TF1, selon un sondage réalisé pour le JDD.fr.

Derrière ce trio de tête, David Pujadas, qui présente le JT du soir de France 2, arrive en quatrième position, juste devant son collègue du 20H00 du week-end Laurent Delahousse.

Viennent ensuite Michel Denisot (Le Grand Journal de Canal+), Claire Chazal (JT du soir de TF1 pendant le week-end) et Jean-Pierre Pernaut (JT de la mi-journée de TF1). Laurence Ferrari, qui a repris le fauteuil de PPDA à TF1, ne décroche que la 19ème place.

Du côté de la radio, les journalistes préférés des Français sont, dans l'ordre, Jean-Michel Apathie (RTL, Canal+), Pascale Clark (France inter), Jean-Jacques Bourdin (RMC, BFMTV), Marc-Olivier Fogiel (Europe 1) et Vincent Parizot (RTL).

Le sondage a été réalisé entre le 21 et le 26 octobre par l'Ifop et Maximiles sur un échantillon de 1.007 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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Mercredi 11 novembre 2009
Le ministere du controle d'etat est passer ministere delegué a la presidence de la republmique et dire que deby est pret cette fois ci a regler ses comptes au grands voleurs de la republique.
depuis son arrivé, cet homme donne des fil a retorde au clic de younousmi dont le dernier victime est Mahamat zene bada , Monsieur buldozer de la republique.
Mr le maire a initié toute sa force pour freiner comme la derniere fois le controle chez lui (celle de toumai , ADAC et Asecna est detourné de justesse grace a la mafia locale).
Zene bada, veut politiser cet affaire en menaçant meme les pauvres controleurs qui les convoquent au jour le jour pour les detournés de leurs cibles et en jurant d'avoir la peau de Mr ALHASSAN, le favoris dyu regime, selon ses methodes de controle.
il nargue meme les parents de ses controleurs en jurant parfois par untel ou tel et l'equipe, motivé par leurs ministre ne cedent pas a ses tentations et menaces.
son Daf viens d'etre limogé par l'equipe et Zene bada crie qu'il es nul cette decision!
decidement Alhassan ne s'es pas pressé a le plier sous les actes portants procedures du controle general d'etat.
une chose est sure:
la mairie de Ndjamena est dirigé par un bande des voleurs qui a elurs tete Zene Bada et aussi issa Adjidei, un directeur qui creer avec la complicité de son parain des marchés fictives et dont ses collecteurs detournent dans leurs poches les collectes des redevances pour la mairie.
le receveur municipal, qui dirige les finances comme un chasse privé est impliqué dans les fausses paiements des factures et bons des caisses et ce type a detourné pas mal vu ses propriétés en construction dans les quartiers luxueux de ndjamena.
quand aux fondé de pouvoir, les regisseurs et les caissiers , c''est eux les couvertures pour passer en ecriture comptable tout actes fausse de leurs maitres et chefs.

aux dernier news, zene bada s'est plier sous les ordres des controleurs qui apres leurs bras de FER vont commencer le lundi prochain .

en attendant , attendons les suspensions ...................

la puplication de cet article m'engage

TOGOU AHMAT KELLAN
NDJAMENA-TCHAD
TEL 5296358
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Mercredi 11 novembre 2009
Le Conseil de sécurité,

Réaffirmant sa volonté de voir se poursuivre l’application intégrale, dans toute leur complémentarité, des résolutions 1265 (1999), 1296 (2000), 1325 (2000), 1612 (2005), 1674 (2006), 1738 (2006), 1820 (2008), 1882 (2009), 1888 (2009) et 1889 (2009), ainsi que de toutes les déclarations faites par sa présidence sur la question,

Réaffirmant son attachement aux buts énoncés aux paragraphes 1 à 4 de l’Article 1 de la Charte des Nations Unies, ainsi qu’aux principes énoncés aux paragraphes 1 à 7 de l’Article 2, notamment aux principes de l’indépendance politique, de l’égalité souveraine et de l’intégrité territoriale de tous les États, et au respect de la souveraineté de tous les États,

Notant que cette année marque le dixième anniversaire du moment où il a commencé à étudier progressivement la question de la protection des civils en période de conflit armé, et constatant qu’il reste nécessaire que lui-même et les États Membres renforcent encore la protection des civils en période de conflit armé,

Notant également que cette année marque aussi le soixantième anniversaire des Conventions de Genève de 1949, qui, avec les protocoles additionnels qui s’y rapportent, constituent le fondement du dispositif juridique de protection des civils en période de conflit armé,

Considérant que c’est aux États qu’il incombe au premier chef de respecter et de garantir les droits humains de leurs citoyens et de toutes les personnes se trouvant sur leur territoire, comme le prescrit le droit international applicable,

Réaffirmant que c’est aux parties aux conflits armés qu’il incombe au premier chef de prendre toutes les mesures possibles pour assurer la protection des civils,

Réaffirmant également les dispositions pertinentes du Document final du Sommet mondial de 2005 concernant la protection des civils en période de conflit armé, et, notamment, ses paragraphes 138 et 139 relatifs à l’obligation de protéger les populations contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité,

Déclarant à nouveau qu’il regrette profondément qu’en période de conflit armé, l’immense majorité des victimes soient des civils,

Mettant l’accent sur les effets particuliers que les conflits armés ont sur les femmes et les enfants, réfugiés et déplacés notamment, ainsi que sur les autres civils présentant des vulnérabilités particulières, tels que les personnes handicapées et les personnes âgées, et soulignant que toutes les populations civiles ont besoin de protection et d’assistance,

Prenant note de l’adoption, en 2009, de la Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance à apporter aux personnes déplacées en Afrique,

Notant avec une profonde préoccupation qu’il est courant que de lourdes contraintes pèsent sur l’acheminement de l’aide humanitaire, et que les attaques dirigées contre le personnel et le matériel humanitaires sont fréquentes et graves, ce qui a des incidences considérables sur le déroulement des opérations humanitaires,

Constatant qu’il faut que les États qui sont en proie à un conflit armé ou qui en sortent mettent ou remettent en place des organes de sécurité responsables et des systèmes judiciaires indépendan

Rappelant que le crime de guerre, le crime contre l’humanité et le génocide sont visés par les statuts des tribunaux pénaux internationaux spéciaux et par le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, et soulignant à cet égard le principe de complémentarité,

Conscient de l’importance des programmes visant à offrir réparation pour pallier les conséquences des violations graves du droit international humanitaire et des violations flagrantes des droits de l’homme,

Sachant combien il importe de donner, par le biais de l’éducation et de la formation, des moyens d’action aux civils vulnérables pour concourir à l’action visant à prévenir ou à faire cesser les exactions commises contre des civils en période de conflit armé,

Conscient du rôle inestimable pour la protection des enfants en période de conflit armé joué par le Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés et par son propre Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés, notamment en ce qui concerne les conclusions et recommandations formulées par ce dernier comme suite à la résolution 1612 (2005), et rappelant sa résolution 1882 (2009), qui vise à renforcer la protection des enfants en période de conflit armé,

Rappelant qu’il a décidé, dans sa résolution 1888 (2009) de lutter contre la violence dirigée contre les femmes et les enfants en période de conflit armé en priant le Secrétaire général de désigner un représentant spécial, de former une équipe d’experts et de la dépêcher rapidement là où la situation est particulièrement préoccupante sur le plan de la violence sexuelle en période de conflit armé,

Prenant note de la pratique par laquelle le Bureau de la coordination des affaires humanitaires communique aux membres du Conseil, au nom de la communauté humanitaire des Nations Unies, des renseignements par des voies tant formelles qu’informelles,


Prenant note également du rapport du Secrétaire général sur la protection des civils en date du 29 mai 2009 (S/2009/277) et de son annexe relative aux restrictions qui frappent l’acheminement de l’aide humanitaire, où sont recensés les problèmes fondamentaux qui doivent être réglés pour que la protection des civils puisse être efficace, à savoir ceux liés au respect plus strict du droit international, à l’amélioration de la manière dont les groupes armés non étatiques s’acquittent des obligations que leur impose le droit international, au renforcement de la protection grâce à l’accroissement de l’efficacité des missions de maintien de la paix et autres missions des Nations Unies et des ressources dont elles disposent, à l’amélioration des conditions d’acheminement de l’aide humanitaire et de la responsabilisation de ceux qui se rendent coupables de violations,


Accueillant avec satisfaction les propositions, conclusions et recommandations relatives à la protection des civils énoncées dans le rapport du Comité spécial des opérations de maintien de la paix et de son groupe de travail (A/63/19), ainsi que l’important travail effectué par le Groupe de travail sur les opérations de maintien de la paix, notamment en ce qui concerne l’amélioration de l’exécution des mandats dans le domaine de la protection,


Rappelant la déclaration de sa présidence en date du 5 août 2009 (S/PRST/2009/24) et se félicitant de l’action actuellement menée pour renforcer l’efficacité des opérations de maintien de la paix de l’Organisation des Nations Unies,


Notant que les missions de maintien de la paix des Nations Unies sont l’un des divers moyens dont dispose l’Organisation des Nations Unies pour protéger les civils en période de conflit armé,


1.    Exige que les parties à un conflit armé se conforment strictement aux obligations que leur imposent le droit international humanitaire, les droits de l’homme et le droit des réfugiés et appliquent toutes ses décisions en la matière et, dans cet esprit, les engage instamment à prendre toutes mesures nécessaires pour respecter et protéger la population civile et répondre à ses besoins essentiels;


2.    Condamne à nouveau avec la plus grande vigueur les attaques menées en période de conflit armé contre des civils en tant que tels ou d’autres personnes ou biens protégés, ainsi que les agressions aveugles ou disproportionnées ou l’utilisation de civils pour mettre certains lieux, certains secteurs ou certaines forces militaires à l’abri d’opérations militaires, qui sont des violations flagrantes du droit international humanitaire, et exige que toutes les parties mettent fin immédiatement à de telles pratiques;


3.    Note que le fait de prendre pour cibles des civils ou d’autres personnes protégées, ainsi que les violations systématiques, flagrantes et nombreuses du droit international humanitaire et du droit des droits de l’homme applicables commises en période de conflit armé peuvent constituer une menace contre la paix et la sécurité internationales, et réaffirme à ce propos, qu’il est prêt à examiner de telles situations et, au besoin, à prendre les mesures qui s’imposent;


4.    Se dit à nouveau disposé à intervenir, notamment en envisageant de prendre des mesures appropriées, comme l’y autorise la Charte des Nations Unies, en cas de conflit armé où des civils seraient pris pour cibles ou l’acheminement de secours humanitaires destinés à des civils serait délibérément entravé;


5.    Lance un nouvel appel aux États qui ne l’ont pas encore fait pour qu’ils envisagent de signer ou de ratifier les instruments pertinents du droit international humanitaire, des droits de l’homme et du droit des réfugiés, ou d’y adhérer, et de prendre les mesures législatives, judiciaires et administratives voulues pour s’acquitter des obligations que leur imposent ces instruments;


6.    Exige que tous les États et toutes les parties participant à un conflit armé appliquent intégralement toutes ses décisions sur la question et, dans cet esprit, qu’ils coopèrent sans réserve avec les missions de maintien de la paix et les équipes de pays des Nations Unies au suivi de ces résolutions et à leur mise en œuvre;


7.    Demande à toutes les parties concernées :


a)    De diffuser aussi largement que possible l’information concernant le droit international humanitaire, les droits de l’homme et le droit des réfugiés;


b)    D’offrir une formation aux fonctionnaires, aux membres des forces armées et des groupes armés, aux personnes qui travaillent avec les forces armées, aux membres de la police civile et au personnel de maintien de l’ordre, ainsi qu’aux magistrats et aux juristes, et de sensibiliser la société civile et la population civile au droit international humanitaire, aux droits de l’homme et au droit des réfugiés, ainsi qu’à la protection, aux besoins particuliers et aux droits fondamentaux des femmes et des enfants en période de conflit, afin que les instruments en question soient effectivement et pleinement respectés;


c)    De veiller à ce que les ordres et instructions donnés aux forces armées et aux autres parties concernées soient conformes au droit international applicable et à ce qu’ils soient respectés, notamment en mettant en place des procédures disciplinaires efficaces où une adhésion sans faille au principe de la responsabilité du supérieur hiérarchique tient une place centrale, afin de promouvoir le respect du droit international humanitaire;


d)    De demander, le cas échéant, aux missions de maintien de la paix et autres missions des Nations Unies, ainsi qu’aux équipes de pays des Nations Unies et au Comité international de la Croix-Rouge, et, selon qu’il convient, à d’autres membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, d’apporter un appui en matière de formation et de sensibilisation dans le domaine du droit international humanitaire, des droits de l’homme et du droit des réfugiés;


8.    Souligne qu’il importe que la question du respect du droit international humanitaire, du droit des droits de l’homme et du droit des réfugiés par les parties impliquées dans un conflit armé soit abordée dans le cadre des délibérations qu’il consacre au pays concerné, prend note de l’éventail des mécanismes utilisés cas par cas pour réunir des informations sur les allégations faisant état de violations du droit international relatif à la protection des civils, et souligne aussi à cet égard qu’il importe que ces informations lui soient fournies en temps utile et soient objectives, exactes et fiables;


9.    Envisage la possibilité de faire appel à cette fin à la Commission internationale d’établissement des faits établie par l’article 90 du premier Protocole additionnel aux Conventions de Genève;


10.   Se déclare fermement opposé à ce que les auteurs de violations graves du droit international humanitaire et du droit des droits de l’homme jouissent de l’impunité et souligne, à cet égard, que les États sont tenus de se conformer aux obligations qui leur incombent en matière de lutte contre l’impunité et de prendre des mesures concrètes pour asseoir le principe de la responsabilité en menant des enquêtes approfondies et en poursuivant les auteurs de crimes de guerre, de génocides, de crimes contre l’humanité et d’autres violations graves du droit international humanitaire afin de prévenir les violations, d’éviter qu’elles ne se reproduisent et de promouvoir une paix durable, la justice, la vérité et la réconciliation;


11.   Rappelle que le respect du principe de la responsabilité des auteurs de ces crimes graves doit être garanti grâce à l’adoption de mesures internes et au renforcement de la coopération internationale ayant pour objet d’appuyer les mécanismes nationaux et appelle l’attention sur tous les mécanismes de justice et de réconciliation qui doivent être envisagés, dont les tribunaux pénaux nationaux, internationaux et « mixtes » et les commissions Vérité et réconciliation, ainsi que les programmes nationaux visant à offrir réparation aux victimes et à réformer les institutions, et souligne le rôle qu’il a à jouer pour ce qui est de mettre fin à l’impunité;


12.   Réaffirme qu’il lui revient de favoriser la création de conditions dans lesquelles les secours humanitaires puissent parvenir à ceux qui en ont besoin;


      13.   Souligne qu’il importe que toutes les parties soutiennent et respectent, dans le cadre de l’aide humanitaire, les principes humanitaires d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance;


      14.   Souligne aussi qu’il importe que toutes les parties à un conflit armé coopèrent avec le personnel humanitaire pour autoriser et faciliter l’accès aux populations civiles touchées par le conflit;


      15.   Exprime l’intention:


a)    De demander aux parties à un conflit armé de s’acquitter de l’obligation que leur impose le droit international humanitaire de tout faire pour protéger les civils et faciliter le passage sans obstacle ni contretemps des secours, du matériel et du personnel humanitaires;


b)    De donner pour mandat aux missions de maintien de la paix et autres missions des Nations Unies de concourir lorsqu’il y a lieu à l’instauration des conditions dans lesquelles l’aide humanitaire peut être acheminée sans risque, sans retard et sans obstacle;


16.   Exprime également l’intention:


a)    De condamner systématiquement en demandant leur cessation immédiate tous les actes de violence et autres formes d’intimidation qui visent délibérément le personnel humanitaire;


b)    De demander aux parties à un conflit armé de s’acquitter de l’obligation que leur impose le droit international humanitaire de respecter et de protéger le personnel ainsi que les articles destinés aux opérations de secours humanitaire;


c)    De prendre les mesures voulues pour lutter contre les attaques visant délibérément le personnel humanitaire;


17.   Invite le Secrétaire général à poursuivre le contrôle et l’analyse systématiques des facteurs qui restreignent l’accès humanitaire et à présenter, le cas échéant, des observations et des recommandations sur ce point dans les exposés et les rapports de pays qu’il destine au Conseil;


18.   Rappelle qu’il est résolu à renforcer le contrôle stratégique des opérations de maintien de la paix vu l’importance de ces opérations pour la protection des civils, réaffirme son soutien au Secrétaire général dans les efforts qu’il déploie pour procéder à l’examen des opérations de maintien de la paix et leur fournir des services renforcés de planification et de soutien, et l’encourage de nouveau à accentuer ces efforts en partenariat avec les pays qui fournissent des contingents militaires et du personnel de police et avec les autres parties intéressées;


19.   Réaffirme sa pratique consistant à prévoir dans les mandats des opérations de maintien de la paix et autres missions des Nations Unies, lorsqu’il y a lieu et si les circonstances l’y engagent, des dispositions concernant la protection des civils, insiste sur le fait que de telles attributions ont la priorité dans les décisions qui organisent, aux fins de l’accomplissement des mandats, l’emploi des moyens et des ressources disponibles, y compris en matière d’information et de renseignement, et considère que la protection des civils, quand elle est nécessaire et ainsi autorisée, appelle toutes les composantes d’une mission à coordonner leur action;


20.   Réaffirme qu’il importe de donner aux missions de maintien de la paix et autres missions des Nations Unies qui sont chargées de protéger les civils des attributions claires, sérieuses et réalisables, fondées sur des informations exactes et fiables sur la situation régnant sur le terrain et sur une évaluation réaliste des dangers qui menacent les civils et les missions, en consultation avec toutes les parties intéressées, réaffirme également qu’il importe que le Conseil de sécurité soit plus attentif aux conséquences qu’ont ses décisions sur le plan des ressources et de l’appui aux missions, et souligne la nécessité d’assurer l’exercice des attributions susmentionnées en matière de protection des civils sur le terrain;


21.   Estime qu’il faut tenir compte des besoins de protection des civils en période de conflit armé, en particulier des femmes et des enfants, dès le début de l’élaboration d’un mandat et pendant toute la durée de la mission de maintien de la paix ou autre mission des Nations Unies, et souligne, à ce propos, qu’il importe de maintenir le dialogue avec les pays concernés et une concertation étroite entre le Secrétariat, les pays qui fournissent des contingents et des forces de police et les autres intervenants;


22.   Est conscient du fait que les missions de maintien de la paix ont besoin d’instructions opérationnelles détaillées pour s’acquitter des tâches et responsabilités liées à leur mandat de protection des civils, et prie le Secrétaire général d’élaborer, en étroite consultation avec les États Membres, notamment les pays qui fournissent des contingents et des forces de police et avec les autres intervenants, un concept opérationnel pour la protection des civils, et de lui rendre compte de l’état d’avancement de ses travaux;


23.   Prie le Secrétaire général d’engager des consultations avec les intervenants concernés en vue d’intégrer dans les plans stratégiques de déploiement des missions de maintien de la paix dont le mandat comprend la protection des civils, la planification à l’échelle de la mission, la formation préalable au déploiement et la formation aux fonctions d’encadrement sur la protection des civils, et demande aux pays qui fournissent des contingents et des forces de police d’offrir à leurs personnels participant à des missions de maintien de la paix et autres missions des Nations Unies une formation appropriée en vue de les sensibiliser aux questions de protection, et notamment des informations sur le VIH/sida et sur la politique de tolérance zéro de l’exploitation et des abus sexuels pratiquée dans les missions de maintien de la paix des Nations Unies;


24.   Prie également le Secrétaire général de veiller à ce que toutes les missions de maintien de la paix ayant un mandat de protection intègrent des stratégies de protection détaillées dans la planification générale de leurs activités et des plans d’urgence qui incluent l’évaluation des risques potentiels ainsi que des mesures de gestion des crises et d’atténuation des risques, et définissent clairement les priorités, les actions à mener et les rôles et responsabilités, sous la conduite et la coordination du Représentant spécial du Secrétaire général, avec la participation pleine et entière de tous les acteurs concernés et en concertation avec les équipes de pays des Nations Unies;


25.   Prie le Secrétaire général de faire en sorte que les missions des Nations Unies informent comme il convient les communautés locales sur leur rôle et, à cet effet, assure la coordination entre les missions des Nations Unies et les organisations humanitaires compétentes;


26.   Prend note des mesures concrètes prises par les missions de maintien de la paix en cours et par les équipes de pays des Nations Unies pour renforcer la protection des civils sur le terrain, et prie le Secrétaire général de recenser les meilleures pratiques dans le prochain rapport qu’il lui présentera au sujet de la protection des civils;


27.   Réaffirme sa pratique consistant à demander la définition de valeurs de référence, le cas échéant, pour évaluer les progrès accomplis dans l’exécution des mandats de maintien de la paix et souligne la nécessité d’inclure, pour les missions concernées, des indicateurs relatifs à la protection des civils;


28.   Souligne qu’il importe d’adopter une approche globale pour faciliter l’exécution du mandat de protection en promouvant la croissance économique, la bonne gouvernance, la démocratie, l’état de droit, le respect et la protection des droits de l’homme, et, à cet égard, exhorte les États Membres à coopérer et souligne que les principaux organes de l’Organisation des Nations Unies doivent engager un démarche cohérente, globale et coordonnée et collaborer les uns aves les autres dans les limites de leurs mandats respectifs;


29.   Note que l’accumulation excessive et l’effet déstabilisateur des armes légères et de petit calibre constituent un obstacle considérable à l’acheminement de l’aide humanitaire et risquent d’exacerber et de prolonger les conflits, de mettre les civils en danger et de compromettre la sécurité et la confiance indispensables pour assurer le retour de la paix et de la stabilité et engage les parties à des conflits armés à prendre toutes les précautions possibles pour protéger les populations civiles, notamment les enfants, des effets des mines et des restes explosifs de guerre, et, à cet égard, engage la communauté internationale à appuyer les efforts que font les pays pour détruire les mines et autres restes explosifs de guerre et à les aider à soigner les victimes et assurer leur réadaptation et leur réinsertion économique et sociale, s’agissant notamment des personnes handicapées;


30.   Réaffirme l’importance de l’aide-mémoire sur la protection des civils (S/PRST/2009), outil pratique qui doit permettre de mieux cerner et analyser les grandes questions relatives à la protection des civils lors de l’examen des mandats des missions de maintien de la paix, et souligne que les stratégies qui y sont définies doivent être appliquées plus régulièrement et plus systématiquement, compte tenu des circonstances particulières de chaque conflit;


31.   Est conscient de l’importance du rôle joué par le Secrétaire général, qui fournit au Conseil des renseignements à jour sur la protection des civils en période de conflit armé, par le biais notamment de rapports consacrés à un thème particulier ou à un pays donné ou de séances d’information;


32.   Prie le Secrétaire général d’inclure dans les rapports qu’il présente au Conseil sur la situation de tel ou tel pays des renseignements plus complets et plus détaillés sur la protection des civils en période de conflit armé, y compris sur les incidents relatifs à la protection et sur les mesures prises par les parties à un conflit armé en vue de s’acquitter de leur obligation de respecter et de protéger la population civile, notamment des informations se rapportant aux besoins de protection des réfugiés, des déplacés, des femmes, des enfants et des autres groupes vulnérables;


33.   Prie également le Secrétaire général de mettre au point, à l’intention des missions de maintien de la paix et autres missions des Nations Unies, des instructions relatives à l’établissement des rapports sur la protection des civils en période de conflit armé en vue de les rationaliser et de renforcer le suivi et le contrôle par le Conseil de l’exécution des mandats de protection des missions de maintien de la paix et des autres missions des Nations Unies;


34.   Souligne l’importance de la concertation et de la coopération entre l’Organisation des Nations Unies, le Comité international de la Croix-Rouge et les autres organisations compétentes, y compris les organisations régionales, en vue de renforcer la protection des civils en période de conflit armé;


35.   Prie le Secrétaire général de lui soumettre son prochain rapport sur la protection des civils en période de conflit armé d’ici à novembre 2010;


36.   Décide de demeurer saisi de la question.


Déclarations


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a déclaré qu’au cours de la dernière décennie, la question de la protection des civils dans les conflits armés avait acquis une place de choix dans l’agenda du Conseil de sécurité.  Ce thème, a-t-il ajouté, imprègne les délibérations et les décisions du Conseil portant sur des pays en particulier.  Pour le Secrétaire général, la montée en puissance du thème de la protection des civils dans les conflits armés a provoqué une prise de conscience quant à la nécessité pour l’ONU de remplir sa mission cardinale, à savoir sauver et protéger les populations des horreurs de la guerre et des conflits armés.  


Le Secrétaire général a ensuite indiqué que la dimension régionale et les effets déstabilisateurs des conflits internes pour la paix et la sécurité internationales étaient désormais reconnus, tout comme la volonté du Conseil de répondre aux besoins des civils dans les situations les plus critiques dont il est saisi.  Il a cependant noté que 10 ans après l’adoption de la résolution 1265, le monde continue d’assister aux pires souffrances infligées aux civils, conséquence de l’échec des parties aux conflits à respecter leurs obligations en matière de protection.  Cet échec exige un engagement renouvelé de la part du Conseil de sécurité, des États Membres et de l’ONU dans son ensemble de faire respecter les principes du droit international humanitaire, les droits de l’homme et les droits des réfugiés, a déclaré M. Ban. 


Le Secrétaire général a ainsi demandé au Conseil de sécurité de faire en sorte que toutes les parties à un conflit respectent le droit international, notamment pour faciliter l’accès dans les zones de guerre.  « Nous pouvons maintenant, a-t-il dit, examiner, sans obstacle procédural, et faire rapport sur l’impact des conflits sur les enfants, sur la violence sexuelle dont sont victimes les femmes partout où il y a un conflit.  C’est une étape dont on peut se féliciter, a-t-il ajouté. »  Le Secrétaire général a souligné qu’il était également indispensable d’obtenir de la part des groupes armés non étatiques qu’ils garantissent l’accès aux populations dans le besoin, les États Membres devant, a-t-il dit, accepter la nécessité impérieuse de coopérer, dans ce contexte difficile, avec ces groupes.  Le Secrétaire général a en outre estimé que les opérations de maintien de la paix devraient être en mesure de mettre en œuvre efficacement le volet protection de leur mandat, ce qui suppose une responsabilisation accrue des Casques bleus et la redéfinition des ressources des missions. 


À cet égard, M. Ban a salué la récente parution de l’étude indépendante conduite par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) sur la mise en œuvre des mandats de protection par les opérations de maintien de la paix.  « J’appelle le Conseil et les États Membres, y compris les pays contributeurs de troupes, en coopération avec le Secrétariat, à examiner les recommandations de l’étude en vue de leur mise en œuvre. »  Le Secrétaire général a également considéré que les travailleurs humanitaires devraient pouvoir compter sur un accès sûr aux civils dépendant de l’assistance internationale.  Enfin, il a affirmé qu’il faudrait garantir le respect du droit international en faisant dûment en sorte que les auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de génocide et autres violations graves du droit international humanitaire, rendent compte de leurs actes.


M. JOHN HOLMES, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, a rappelé que, lorsqu’il avait pour la première fois examiné la question de la protection des civils dans les conflits armés en février 1999, le Conseil de sécurité avait décrit la situation en des termes très sombres.  Des progrès ont depuis lors été réalisés, a ajouté M. Holmes, « Mais pouvons-nous dire avec conviction, aujourd’hui, que les personnes affectées par les conflits jouissent d’un degré de protection significativement plus important et plus tangible qu’il y a 10 ans? » s’est-il interrogé.  Il s’est demandé si l’on a pu réduire le fossé entre les normes du droit international humanitaire et des droits de l’homme et leur application ou entre rhétorique et réalité.  Même une évaluation optimiste suggère qu’il nous reste beaucoup à faire, a-t-il répondu.


Citant notamment l’Afghanistan, le Tchad, la République démocratique du Congo (RDC), les territoires palestiniens occupés, la Somalie, le Soudan et le Yémen, M. Holmes a rappelé que l’absence de respect des normes de droit international par les parties en conflit, étatiques ou non, se traduit chaque mois en dizaines de milliers de civils tués ou blessés et en milliers de personnes déplacées qui se trouvent en situation de dépendance et victimes d’autres violations, y compris des viols et autres formes de violences sexuelles.


Rappelant que l’accès des travailleurs humanitaires est essentiel pour la protection des civils dans les conflits armés, M. Holmes a fait observer que cet accès suppose souvent des contacts avec les groupes armés non étatiques.  Il a reconnu que certains États estiment que de tels contacts aboutissent à accorder à ces groupes un degré de reconnaissance qu’ils ne souhaitent pas.  Il a rappelé cependant que de tels groupes représentent au moins une des parties en cause dans pratiquement chaque conflit.  Même si nous condamnons leurs objectifs et leurs méthodes souvent sanglantes, il faudrait, pour des raisons d’efficacité et de sécurité des opérations humanitaires, faire preuve de souplesse et discuter avec ces groupes fin de promouvoir leur respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme, et d’obtenir qu’ils comprennent notre neutralité, notre indépendance et notre impartialité, a plaidé M. Holmes. 


Il reste beaucoup à faire pour combler le fossé entre les mandats des opérations de maintien de la paix en matière de protection des civils et la réalité sur le terrain, a déclaré le Coordonnateur des secours d’urgence, qui a présenté les conclusions d’une étude indépendante établie à la demande conjointe du Département des opérations de maintien de la paix et d’OCHA, et rendue publique le 6 novembre.  Expliquant qu’il parlait ici en plein accord avec le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Alain le Roy, le Coordonnateur des secours d’urgence a notamment fait observer qu’il faudrait lever un certain nombre d’incertitudes.  « Nous devons dire clairement que, même lorsqu’elles incluent des mandats de protection des civils, les opérations de maintien de la paix continuent d’être guidées par les principes de la Charte de l’ONU et les principes de base du maintien de la paix », a-t-il affirmé, rappelant que ces opérations ne visent pas à imposer la paix.  M. Holmes a ajouté que le Département des opérations de maintien de la paix, en consultation avec les pays contributeurs de contingents, mettait actuellement au point un concept opérationnel de la protection dans le contexte du maintien de la paix.


Il faut ensuite développer des stratégies de protection des civils en consultation avec les acteurs humanitaires et des droits de l’homme et basées sur des évaluations réalistes, a déclaré M. Holmes.  Il a ajouté que les mandats de protection ne peuvent être cantonnés à la protection des civils « immédiatement menacés de violences physiques »  mais devraient s’entendre dans un cadre plus large qui inclut l’accès humanitaire, le retour des réfugiés et des personnes déplacées, le contrôle du respect des droits de l’homme, la protection des enfants et les violences sexuelle

Il ne s’agit pas là d’une tâche exclusive de certaines composantes d’une mission, mais d’un travail global de la mission, a déclaré M Holmes. Estimant que le leadership est essentiel, il a déclaré que  les représentants spéciaux du Secrétaire général et les cadres principaux des missions devaient veiller à ce que la protection soit une priorité de la mission.  Pour ce faire, ils doivent être suffisamment formés et dotés des ressources suffisantes.  Pour sa part, le Conseil de sécurité doit être correctement informé.  Il faut aussi garantir le soutien politique nécessaire à la mission de la part du Conseil et des pays contributeurs de contingents notamment, a ajouté M. Holmes, qui a en outre demandé que la protection des civils fasse partie de la formation des contingents avant leur départ en mission.

M. Holmes a rappelé qu’il allait renforcer aussi les capacités de l’État hôte, qui doit assumer la responsabilité principale de la sûreté et du bien-être des ressortissants.  Enfin, il a estimé qu’il ne faudrait pas susciter non plus des attentes exagérées de la part des populations civiles concernées.  La résolution 1894 nous permet de prendre un bon départ, a déclaré M. Holmes, qui a rappelé une nouvelle fois l’écart existant entre la rhétorique et la réalité, notamment dans la manière dont le Conseil de sécurité s’acquitte de son engagement en matière de protection des civils.  Il a notamment mis en exergue des différences qui existent dans l’application par le Conseil de sécurité de sanctions individuelles dans différents pays et a demandé une plus grande cohérence, afin d’éviter les accusations d’une politique de « deux poids deux mesures ».

Cet écart entre rhétorique et action n’illustre pas l’écart entre idéalisme et réalisme, a défendu M. Holmes.  L’application du droit international humanitaire et des droits de l’homme, ne relève pas de l’idéal; elle est réalisable, a-t-il affirmé.  Mais cela suppose que les États accordent la priorité à la protection des civils et prennent des mesures pour faire appliquer les normes, et que le Conseil de sécurité non seulement les encourage en ce sens, mais leur demande également de rendre compte de ce qu’ils font en ce sens, sur la base de faits et non de considérations de confort politiques, a-t-il conclu.

Mme KYUNG-WHA KANG, Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, qui a fait lecture de la déclaration de la Haut-Commissaire, Mme Navi Pillay, a estimé que le Conseil de sécurité avait fait progresser la protection des civils dans les conflits armés aux niveaux normatif et politique, ajoutant qu’il faudrait désormais traduire ces progrès sur le terrain, par le biais de missions des Nations Unies plus efficaces et dotées de ressources adéquates.  Il faut aussi trouver des solutions créatives à des obstacles politiques qui ont parfois empêché l’adoption de mesures, et aller au-delà des notions étroites telles que « la menace imminente et physique » envers les civils, a-t-elle ajouté. « Quand nous parlons de protection, nous parlons de la protection des droits de l’homme prévue par le droit international, ce qui comprend le droit international humanitaire, les droits de l’homme, le droit des réfugiés.  Cette protection ne peut être remplacée par d’autres notions plus amorphes, ni par la notion moins contraignante d’action charitable », a-t-elle insisté.  On ne peut ignorer la politique mais il faut une volonté politique pour agir, a fait remarquer la Haut-Commissaire adjointe.

Une loi qui n’est pas assortie de sanctions ne dissuade pas, a déclaré Mme Kyung-wha.  Le Conseil de sécurité doit donc, pour protéger les civils, veiller à ce que ceux qui commettent des crimes en soient tenus responsables.  La Haut-Commissaire adjointe a estimé que les tribunaux pénaux internationaux et la Cour pénale internationale ont contribué à lancer le signal important que, même dans le « flou de la guerre », il ne peut y avoir impunité.  Mme Kyung-wha a ensuite mentionné plusieurs cas spécifiques.  Elle a estimé que « l’effet corrosif de l’impunité » est évident dans le cas des territoires palestiniens occupés.  Elle a longuement mentionné le rapport Goldstone établi à la suite de la mission d’établissement des faits sur le conflit de Gaza et a ajouté que les punitions collectives que représentent le blocus imposé par Israël ou encore l’offensive dans la bande de Gaza en décembre et janvier derniers, constituent des violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme.  Tant que des mesures ne seront pas prises pour mettre fin à ces violations, tout espoir de paix et de sécurité dans cette région restera illusoire, a-t-elle averti, avant de demander au Conseil de sécurité de reprendre à son compte les recommandations du rapport Goldstone.

La Haut-Commissaire adjointe a demandé que soit réexaminé l’appui de la MONUC aux opérations de l’armée congolaise dans l’est de la RDC à chaque fois qu’il existe un risque de violation des droits de l’homme ou du droit international humanitaire, et a rappelé que « différents auteurs de violations des droits de l’homme, y compris une personne poursuivie par la Cour pénale internationale, continuent d’occuper des postes de haut commandement au sein des Forces armées congolaises ».  Le cas du Darfour montre que, même dotées de mandats robustes de protection des civils, certaines missions de l’ONU voient leur efficacité limitée par des problèmes politiques, structurels, opérationnels ou encore par l’insuffisance des ressources, a déclaré Mme Kyung-wha.  Ce cas illustre aussi la nécessité d’adopter une approche plus large du respect des droits de l’homme, et non pas limitée à la stricte protection physique immédiate, a-t-elle ajouté.

Concernant l’Afghanistan, où le nombre de victimes civiles continue d’augmenter, il est urgent d’améliorer les procédures de responsabilisation, y compris par le biais de procédures pénales, ainsi que par une indemnisation des victimes, a-t-elle souligné.  Le cadre des détentions liées au conflit dans ce pays doit être conforme aux droits de l’homme, quels que soient ceux qui détiennent des personnes, a rappelé Mme Kyung-wha.  Elle a estimé que les mesures prises depuis 10 ans par le Conseil de sécurité ont permis de réaliser des progrès.  Toutefois, l’écart entre les mandats et les ressources doit être comblé si la communauté internationale veut que ses demandes en matière de protection soient satisfaites.  Le principal fossé reste toutefois entre la politique annoncée et la pratique, a déclaré la Haut-Commissaire adjointe, qui a déclaré que tous les acteurs devraient s’engager à mieux appliquer et à faire respecter les droits de l’homme.  Ceci exige « davantage de volonté politique et moins d’exceptions politiques », a-t-elle affirmé, en appelant à assurer l’application de ces droits à tous. 

M. GORDAN JANDROKOVIC, Ministre des affaires étrangères et de l’intégration européenne de la Croatie, a exprimé l’espoir que la résolution adoptée renforcerait la détermination de la communauté internationale à réagir de manière rapide et décisive afin de réduire les menaces envers les civils.  Sur le terrain, a-t-il noté, le déploiement de Casques bleus doit s’accompagner d’une « coopération solide entre les soldats de la paix et d’autres personnels internationaux avec les autorités et la population du pays hôte ».  Ces personnels travaillent de près avec les civils sur le terrain et la détérioration des relations peut avoir un effet négatif sur l’ensemble des processus politiques visant à établir une paix et une prospérité durables ».  Cette exigence a conduit l’ONU à réfléchir à une démarche « plus intégrée ou multidimensionnelle » aux missions de maintien de la paix qui est illustrée par le document de travail du Département des opérations de maintien de la paix intitulé « Nouvel Horizon » et consacré à la protection des civils, a rappelé la délégation croate.

Le représentant a aussi souligné la nécessité de mettre l’accent sur le développement si l’on veut tout faire pour que les pays concernés ne replongent pas dans la violence, avec pour conséquence le déploiement d’une nouvelle mission d’interposition, comme cela est arrivé en Afrique de l’Ouest, au Timor-Leste ou en Haïti.  Il a enfin évoqué la responsabilité du Conseil de sécurité en estimant que celui-ci ne pouvait se contenter d’appeler les parties à permettre l’acheminement de l’aide humanitaire.  Le Conseil, a-t-il dit, doit si nécessaire « imposer des mesures ciblées » pour que les secours parviennent aux populations.  Il a constaté que si le Conseil avait élaboré un cadre normatif en matière de protection des civils, « ce progrès n’apparaissait pas aussi évident en matière d’amélioration de la situation réelle des civils pris dans des conflits armés sur le terrain ».  La Croatie est fermement convaincue que la nouvelle détermination affichée par le Conseil peut constituer une opportunité importante pour que cette amélioration se concrétise réellement.

Mme ANN TAYLOR, Ministre de la sécurité et de la défense internationale du Royaume-Uni, a salué l’attention accordée au thème de la protection des civils dans les conflits armés par la communauté internationale.  Comme le demande le Secrétaire général, nous devons faire plus pour minimiser les violations de la loi humanitaire, a-t-elle ajouté, en affirmant que le Conseil devrait être déterminé à répondre aux atteintes flagrantes aux droits des civils, même lorsque ces atteintes ont lieu dans les situations de guerre civile.  Pour la Ministre britannique, la protection des civils nécessite l’adoption d’une approche globale qui, dans certains cas, aura des conséquences sensibles pour certains gouvernements.  « Nous devons être prêts à relever ce type de défis », a-t-elle déclaré.  Mme Taylor a ensuite préconisé que le Conseil de sécurité fasse davantage en matière de prévention des conflits.  Cette question, qui est largement débattue, ne recueille pas de consensus.  Elle a ainsi demandé que l’accent soit mis sur la prévention des guerres en intervenant en amont des crises, lorsque les menaces ont pu être identifiées par des États Membres dûment informés.


Mme Taylor a ensuite rappelé que les parties au conflit avaient la responsabilité de respecter leurs obligations internationales en matière de protection.  Toutefois, dans les situations où ces obligations ne peuvent être honorées par manque de capacités nationales, il est clair que les opérations de maintien de la paix de l’ONU doivent prendre le relais en fournissant une protection physique aux populations et en aidant le gouvernement du pays hôte à assumer ses responsabilités, a noté la Ministre britannique.  Concernant de nouveau les opérations de maintien de la paix, elle a estimé que la communauté internationale devrait se montrer réaliste en les dotant de ressources à la hauteur de leurs mandats complexes, ce qui implique notamment des formations et des structures spécifiques.  C’est en ce sens qu’elle a appelé à un dialogue accru et efficace entre le Secrétariat des Nations Unies, le Conseil de sécurité et les pays contributeurs de troupes, le Comité spécial des opérations de maintien de la paix ayant un rôle précieux à jouer à ce niveau.

M. EDGAR UGALDE ALVAREZ, Vice-Ministre des affaires étrangères du Costa Rica, a rappelé que son pays avait activement participé aux travaux du Conseil de sécurité visant à renforcer le régime légal international de protection des civils.  Il s’est félicité de l’adoption de la résolution « Protection des civils dans les conflits armés », après celles sur « les enfants dans les conflits armés », « les violences sexuelles » et « les femmes et la paix et la sécurité » ces deux dernières années.  Se félicitant des avancées réalisées, en particulier la reconnaissance de la protection des civils comme une composante fondamentale du mandat de l’ONU et un élément central de la légitimité et de la crédibilité des opérations de maintien de la paix, M. Alvarez a regretté que des problèmes considérables demeurent.  Rappelant que l’obligation de protection des civils devait s’appliquer de la même manière à toutes les situations, il a appelé le Conseil de sécurité à répondre avec force aux violations graves observées dans le monde.

Le représentant a également demandé au Conseil de sécurité de suivre de près l’évolution des situations de violations répétées du droit international.  Il a aussi souligné l’importance d’assurer un soutien solide aux victimes, notamment en leur garantissant un accès à la justice, dont les recours à la Cour pénale internationale (CPI).  Revenant sur la responsabilité des États dans la protection des populations civiles, M. Alvarez a insisté sur la nécessité de renforcer les partenariats stratégiques entre les États, les Nations Unies, les organisations régionales, les organisations non gouvernementales et les populations affectées.  Il est indispensable de promouvoir une meilleure circulation de l’information entre les missions, les acteurs humanitaires et les populations, a-t-il dit.  Il est également nécessaire d’intégrer la protection des civils aux solutions politiques aux conflits.  M. Alvarez a, enfin, réitéré le soutien de son pays à la mise en place d’une approche « plus stratégique » pour relever les cinq défis mis en avant dans le rapport du Secrétaire général.

M. GÉRARD ARAUD (France) a annoncé que son pays souscrivait à la déclaration faite par la Suède, au nom de l’Union européenne.  Il a réaffirmé l’engagement de la France en faveur de la protection des civils dans les conflits armés.  Le respect du droit international humanitaire n’est pas négociable et toute partie à un conflit, État comme groupe non étatique, doit le respecter, a affirmé le représentant.  La probabilité croissante que les conflits aient lieu dans des zones densément peuplées et impliquent des groupes sans uniforme pose d’ailleurs de nouvelles questions sur l’application des Conventions de Genève qui mériteraient l’attention de la communauté internationale, a fait remarquer M. Araud.

La mise en œuvre de la protection des civils qui figure dans les mandats des opérations de maintien de la paix ne se limite pas à l’exécution de tâches militaires face à des menaces physiques immédiates mais englobe des tâches plus complexes, a déclaré M. Araud.  Tout en demandant une planification stratégique globale des missions, il a fait observer qu’il faudrait aussi définir des missions de manière concrète.  Il a rappelé que la France avait contribué financièrement à une étude sur ce sujet.  Le Conseil de sécurité, a-t-il estimé, devrait « demander ce qui est possible » mais aussi « s’assurer ensuite de ce qui est réalisé ».

Le cas de la République démocratique du Congo (RDC), « tragédie majeure de notre époque », et de la Mission de l’ONU dans ce pays (MONUC) illustrent tous les défis auxquels nous devons faire face, a déclaré M. Araud.  « Certes, a-t-il reconnu, nous avons précisé le mandat de la MONUC, nous avons mis en œuvre des initiatives innovantes sur le terrain, mais aujourd’hui, comme les ONG nous le répètent, nous devons nous interroger sur la réalité sur le terrain ».  Les exactions contre les civils et les massacres se poursuivent à un rythme préoccupant, a ajouté le représentant.  M. Araud a déclaré que, lors du renouvellement du mandat de la MONUC à la fin de l’année, le Conseil de sécurité  devrait « montrer sa détermination à mettre en œuvre la résolution que nous venons d’adopter ».  La France sera vigilante sur ce point, a-t-il averti.

La lutte contre l’impunité implique des enquêtes impartiales et indépendantes, a rappelé le représentant de la France.  En cas de défaillance de la part des États concernés, la justice internationale doit pouvoir juger les cas les plus graves, a-t-il ajouté, avant d’appeler les États qui ne l’ont pas encore fait à ratifier le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.  M. Araud a en outre salué la réaffirmation en septembre par l’Assemblée générale de la notion de « responsabilité de protéger ».  Le Conseil de sécurité a une responsabilité particulière en la matière, a-t-il estimé, précisant qu’il ne s’agit pas seulement d’intervenir au plus fort des crises mais aussi d’agir en amont pour prévenir ces crimes.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a appuyé la résolution 1894 que le Conseil de sécurité vient d’adopter et qui résulte d’un examen approfondi, en particulier des aspects juridiques de la protection des civils dans les conflits armés.  Nos actions doivent avoir pour objectif de régler par des moyens pacifiques les conflits, a-t-il rappelé, en soulignant que tous les civils devraient bénéficier d’une protection adaptée à leurs besoins, y compris les groupes les plus vulnérables et le personnel humanitaire.  M. Churkin a rejeté les mesures unilatérales qui ont pour effet néfaste d’empêcher, sur le terrain, la stricte application des résolutions du Conseil de sécurité.  Rien ne justifie que des groupes armés commettent des attaques terroristes et prennent des gens en otage pendant les conflits armés, a-t-il dit, avant de souligner que les auteurs de violations du droit international humanitaire doivent être punis, quel que soit le lieu où ils se trouvent.  Si cette tâche fondamentale revient aux parties aux conflits armés, la communauté internationale se doit d’aider les efforts nationaux entrepris, en ne recourant à la force qu’avec l’autorisation du Conseil et en vertu de la Charte des Nations Unies, a rappelé le représentant russe.  De l’avis de sa délégation, la protection des civils exige une analyse détaillée, intégrant les autres mesures de maintien de la paix.  C’est ainsi que M. Churkin a, à son tour, plaidé pour renforcer les consultations entre les États Membres, le Secrétariat, le Conseil de sécurité et les principaux contributeurs de troupes.  Il a conclu en rappelant que la protection des civils n’était qu’un des éléments du mandat des opérations de maintien de la paix, ces dernières ayant pour principal objectif de contribuer aux processus de paix en cours.

M. YUKIO TAKASU (Japon) a estimé que la tâche la plus récente consistait à traduire dans la pratique les cadres normatifs en matière de protection des civils.  Il a regretté que de nombreux États n’aient pas adhéré à des instruments juridiques de protection comme les protocoles additionnels aux Conventions de Genève de 1949 ou encore le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI).  Il faut en outre mettre en œuvre les normes auxquelles on a souscrit, a déclaré le représentant, qui a affirmé que son pays aidait les États qui cherchaient à le faire sans disposer de moyens suffisants.  Il faut aussi traiter des violations tout aussi graves commises par des groupes armés non étatiques qui prennent délibérément des civils pour cibles, a ajouté le représentant.  Face aux violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, le Conseil de sécurité devrait inviter les partis à améliorer la situation et, si nécessaire, prendre des mesures contre leurs auteurs.

Sur les 15 missions de maintien de la paix actuellement déployées, huit ont des mandats spécifiques de protection, mais beaucoup se heurtent à des difficultés à mettre en œuvre leur mandat du fait de ressources limitées, a rappelé le représentant.  Pour que de tels mandats puissent être exécutés, ils doivent être réalistes et viables, a-t-il ajouté, estimant que ceci était « important pour la crédibilité » des Nations Unies dans leur ensemble.  M. Takasu a souhaité que le Secrétaire général informe clairement les autorités et les populations des pays dans lesquels sont déployées de telles missions.  Il a estimé que les mandats de protection ne concernaient pas seulement la réaction militaire à des menaces imminentes, mais avaient un sens plus large de protection des droits de l’homme.  Il a également insisté sur l’autonomisation des populations des régions où opèrent les missions, afin d’éviter une résurgence des conflits.  L’autonomisation est un élément essentiel de la sécurité humaine, a-t-il affirmé.  M. Takasu a mis l’accent sur la formation du personnel des missions en matière de protection avant son déploiement.  Il a souligné l’importance de l’étude conjointe du Département des opérations de maintien de la paix et du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).  Pour que le Conseil de sécurité puisse prendre des mesures appropriées, il doit être mieux informé de la situation sur le terrain, a déclaré le représentant.  Il s’est félicité des réunions de groupes d’experts organisées en ce sens.  Il a estimé que la résolution 1894 apportait une contribution importante à la marche à suivre.

M. ABDURRAHMAN MOHAMED SHALGRAM (Jamahiriya arabe libyenne) a relevé qu’en dépit des normes internationales établies en matière de protection des civils, les résultats réels sont encore insuffisants et créent une grande frustration.  Le nombre de victimes de conflits armés, y compris les populations dans les territoires sous occupation étrangère, ne diminue pas, a-t-il ajouté.  « Nous continuons de vivre dans un monde où les États ciblent sciemment les innocents et appliquent des stratégies qui aboutissent à des tueries de civils », s’est-il indigné.  Il a stigmatisé les attaques menées « au prétexte de la lutte contre le terrorisme et de la légitime défense qui portent atteinte au droit international humanitaire et au droit à la vie tout court ».  « Le peuple de Palestine souffre toujours des traitements les plus cruels, et Gaza, avec un million et demi de civils qui n’ont même pas accès à l’assistance humanitaire, y compris celle supervisée par les Nations Unies qui n’arrive jamais à temps, endure un blocus sans précédent dans l’histoire de l’humanité », a poursuivi le représentant.

Revenant sur les hostilités de l’hiver dernier, M. Shalgram a déclaré qu’Israël avait usé de tous les moyens de destruction massive contre des écoles et des infrastructures civiles.  « Les résultats de ces opérations sont connus de tous et figurent en bonne place dans des rapports internationaux dont on ne peut douter de la crédibilité », a-t-il dit.  « Comment se fait-il alors que le Conseil de sécurité ne poursuit toujours pas les auteurs des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité décrits dans le rapport du juge Goldstone, dont les recommandations ont été adoptées par l’Assemblée générale? », a demandé le représentant.  Il a souhaité que l’appui de certains pays à Israël n’empêche pas le Conseil de sécurité de s’acquitter de ses responsabilités pour qu’Israël réponde « enfin de ses actes odieux ».  Le représentant a par ailleurs demandé que la protection des civils soit examinée de manière globale en mettant l’accent sur la prévention.  « Lorsque le Conseil agit, a-t-il conclu, ses actions doivent être équilibrées et transparentes, la politique de « deux poids deux mesures » ne devant pas s’appliquer dans le contexte des conflits armés. »

Mme ROSEMARY A. DICARLO (États-Unis) a estimé que la résolution 1894 « vient renforcer une décennie d’efforts » pour protéger les civils dans les conflits armés.  Elle a rendu hommage au travail des agents de l’ONU dans différentes missions, estimant qu’ils avaient contribué à sauver des vies dans de nombreuses missions.  Toutefois, dans de nombreux lieux, des civils demeurent la cible, a ajouté la représentante, qui a cité la République démocratique du Congo (RDC), le Darfour, le Sud-Soudan, la Somalie, l’Iraq et l’Afghanistan, tandis que « les peuples israélien et palestinien continuent de souffrir du conflit israélo-arabe ».  Elle a aussi fait remarquer que les membres de « groupes non étatiques terroristes » ignorent le droit international et que, souvent, les États ne disposent pas des moyens de le faire respecter.

Il faut faire mieux, mais parfois les opérations de maintien de la paix n’ont pas les moyens suffisants, a déclaré Mme DiCarlo.  Il faut parfois faire appel à d’autres forces armées, a-t-elle rappelé. Ces forces doivent respecter les Conventions de Genève, a-t-elle ajouté.  Les Forces armées américaines, a-t-elle affirmé, respectent ces Conventions alors même qu’elles affrontent des groupes qui agissent au mépris de ces instruments juridiques.   La représentante a insisté sur la nécessité d’obtenir des informations rapides sur la situation sur le terrain.  Le Conseil de sécurité doit en outre être prêt à agir en prenant des sanctions individuelles contre les auteurs des crimes.  Elle a mentionné les tribunaux nationaux, internationaux ou hybrides comme moyens de lutter contre l’impunité.  Il faut aussi aider les États à se reconstruire pour assurer eux-mêmes la sécurité des ressortissants, a ajouté Mme DiCarlo.

Il faut que les membres du Conseil de sécurité et les pays contributeurs aient tous la même idée de ce qu’implique la protection des civils dans les conflits armés, a déclaré la représentante.  Elle a dit attendre des discussions sur la récente étude conjointe OCHA-Département des opérations de maintien de la paix, y compris au sein du Comité spécial des opérations de maintien de la paix.  Elle a conclu en regrettant que « d’aucuns aient utilisé cette réunion pour affirmer d’autres objectifs ».

M. LE LUONG MINH (Viet Nam) s’est déclaré encouragé par les initiatives prises par plusieurs États Membres pour établir des mécanismes et des institutions au niveau national pour assurer une meilleure protection des civils dans les conflits armés, avant de saluer les efforts des entités des Nations Unies, l’OCHA et les opérations de maintien de la paix en particulier.  Il s’est cependant dit profondément préoccupé par le fait de prendre pour cibles les civils et leur utilisation comme boucliers humains, ce qui a forcé 40 millions de personnes dans différentes régions du monde à fuir les hostilités.  Le représentant a réaffirmé la position de son gouvernement selon laquelle ce sont les États qui portent la responsabilité première de la protection de leurs populations civiles.  Les Nations Unies, les organisations régionales et la communauté internationale ont un rôle important à jouer auprès des États, en particulier sur le plan de la médiation politique et de l’assistance humanitaire.  Il a estimé qu’à cet égard, la coordination entre les entités des Nations Unies, en particulier entre l’OCHA, les opérations de maintien de la paix et les équipes de pays devrait être renforcée.  Le représentant a également préconisé d’adopter une approche holistique qui réponde à tous les besoins des civils, qu’il s’agisse de l’éducation, de la santé ou de l’aide alimentaire.

M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso) a estimé que la question de la protection des civils dans les conflits armés s’était compliquée au rythme des conflits et au regard de leur nature, soulignant qu’à côté des conflits classiques s’étaient développées des guerres tribales et interethniques qui conduisent à des pogroms dirigés contre des populations civiles.  L’arsenal juridique en la matière s’est étoffé, a-t-il jugé, se félicitant que les diverses résolutions adoptées ces dernières années y aient intégré la notion d’impunité et aient attiré l’attention sur la situation des femmes et des enfants, ainsi que sur le problème de la violence sexuelle.  Toutefois, malgré un cadre normatif « très clair », tout est loin d’être acquis, a-t-il averti, et les populations civiles continuent d’être les premières victimes des mêmes exactions.  Le représentant a rappelé que la responsabilité première de protéger les populations contre toutes les graves violations incombait aux États, qui doivent faciliter l’accès des victimes aux diverses formes de réparation, consolider des mécanismes judiciaires crédibles, notamment en terme de justice militaire, et renforcer l’état de droit en temps de paix par la promotion et la protection des droits de l’homme.

Il s’avère en outre indispensable d’établir avec les groupes armés, et notamment les groupes non étatiques, un dialogue sur leurs obligations conformément aux Conventions de Genève, même si cela ne doit pas être perçu comme une légitimation de leur existence, a-t-il dit.  En outre, l’accès humanitaire doit être garanti, y compris dans les camps de réfugiés et de personnes déplacées, a-t-il souligné, appelant l’ONU à définir des mandats clairs, crédibles et réalistes pour ses opérations de maintien de la paix, aux ressources logistiques et financières conséquentes.  Il importe également, selon lui, d’améliorer la synergie d’actions à travers un mécanisme inclusif et participatif de communication et de partage d’informations entre l’ONU, les États et la société civile avec une analyse structurée de la problématique s’appuyant sur les éléments d’appréciation pertinents contenu dans l’Aide-mémoire, a poursuivi M. Kafando.  L’amélioration du contenu des rapports favoriserait en effet la formulation des recommandations opportunes, a-t-il déclaré, estimant que le Conseil de sécurité devait pour sa part veiller au respect de toutes ses résolutions et parler d’une seule voix, privilégier la médiation, établir une commission d’enquête indépendante d’établissement des faits en cas de violations graves, poursuivre les coupables devant les mécanismes internationaux compétents et intervenir systématiquement dès les premiers signes du conflit armé.  Le cas du Rwanda doit nous servir d’exemple, a-t-il souligné.  Le représentant a enfin salué l’adoption de la Convention africaine sur les déplacés internes, le 23 octobre dernier, une Convention « unique en son genre ».

M. ZHANG YESUI (Chine) a noté que l’évolution des conflits armés, « toujours plus cruels envers les civils », avait compliqué la tâche consistant à faire appliquer les normes en matière de protection des civils dans ces situations.  Le défi reste immense, a-t-il dit, avant de rappeler qu’il revient en premier lieu aux parties aux conflits de faire respecter les droits de l’homme et le droit international humanitaire.  Le Conseil de sécurité doit poursuivre ses efforts en la matière, aidé en cela par l’ensemble des partenaires internationaux, acteurs qui doivent œuvrer de concert pour résoudre le problème dans le cadre plus général de la résolution des conflits, a-t-il encore déclaré.  Si la prévention des conflits est une responsabilité qui échoit d’abord aux gouvernements nationaux, la communauté internationale doit jouer son rôle d’appui en s’acquittant de ses obligations au titre de la Charte de l’ONU, cela « en se gardant d’attenter à la souveraineté des pays visés », a également souligné le délégué chinois.

Le représentant a également estimé que le dialogue avec les groupes non étatiques devait avoir lieu avec le consentement des autorités nationales.  Selon lui, la question la plus urgente est la mise en œuvre des normes actuelles internationales établies notamment par le Conseil de sécurité.  Celui-ci doit continuer d’adopter et de faire appliquer des résolutions, a-t-il dit, en considérant en outre que les opérations de maintien de la paix devaient être « à taille unique », c’est-à-dire dotées de volets de protection adaptés aux besoins sur le terrain.  Le représentant a indiqué que la Chine n’était pas favorable à l’élargissement des mandats des opérations de l’ONU, l’accent devant être mis sur le fait que l’exécution de ces missions doit être fondée sur le non recours à la force sauf en cas de légitime défense.  Il faut s’attaquer aux causes des conflits et non pas aux symptômes, l’assistance technique devant aller en priorité vers les pays en développement en proie à des conflits provoqués d’abord par la pauvreté endémique, a conclu le représentant.

M. ERTUĞRULAPAKAN (Turquie) a souligné que la question de la protection des civils dans les conflits armés avait été au cœur des débats du Conseil de sécurité ces dernières années.  Il a ainsi salué l’adoption des résolutions 1882 sur les enfants dans les conflits armés ainsi que celle des résolutions 1888 et 1889 sur les femmes, la paix et la sécurité, qui marquent une étape et une évolution importante dans l’appréhension du problème.  Pour le représentant, l’adoption de la résolution 1894 est un élément de plus en faveur d’un abord équilibré de la question de la protection des civils dans les conflits armés.  Le représentant a ensuite souligné la difficulté de négocier avec des groupes armés non étatiques, en particulier concernant les organisations sur lesquelles pèsent des suspicions de terrorisme.

M. Apakan a en outre mis en garde contre les risques de récupération de certaines organisations non gouvernementales et organisations internationales par des groupes terroristes dans le contexte troublé des conflits armés.  Le représentant turc a par ailleurs souhaité que l’accent soit mis dans un futur proche sur les aspects de maintien de la paix des opérations du même nom de l’ONU.  À cette fin, il a demandé que l’appropriation régionale des programmes pertinents et la coopération à ce niveau soient des priorités dans les mandats de maintien de la paix.  Il a souhaité également que le thème de la différence culturelle soit appréhendé lors des phases de déploiement des opérations et ce, par le biais d’une formation réactualisée des Casques bleus.

M. BENEDICT LUKWIYA (Ouganda) a déclaré que les civils continuent d’être les principales victimes des conflits armés et d’être pris pour cibles, ajoutant que l’impact des différentes violations persiste longtemps après la fin des conflits.  La fragmentation des groupes armés non étatiques contribue à la complexité des situations, car ces groupes ignorent, volontairement ou non, qu’ils ont des obligations de protection, a-t-il estimé.

La résolution 1894 que le Conseil de sécurité vient d’adopter invite les États sortant d’un conflit armé à réformer leur système de sécurité et de justice pour mieux protéger les civils, a fait observer le représentant, avant d’ajouter que souvent ces États n’ont pas les ressources suffisantes et doivent donc être aidés.  Il s’est félicité de l’attention accordée aux questions de la prolifération des armes légères et aux mines, ainsi qu’aux handicapés du fait des conflits.  Rappelant que 11,6 des 26 millions de personnes déplacées dans le monde le sont en Afrique, le représentant a ensuite mentionné la récente signature de la Convention de Kampala sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique.

M. CLAUDE HELLER (Mexique) a affirmé que cette réunion traduisait l’engagement des Nations Unies en faveur du renforcement du droit international humanitaire pour la protection des victimes de conflits armés.  Il a rendu hommage au travail du Conseil de sécurité au cours des 10 années écoulées, en particulier l’adoption récente des résolutions 1882, 1888 et 1889, à laquelle il faut ajouter celle d’aujourd’hui, qui revitalisent la protection des civils et plus particulièrement celles des groupes très vulnérables tels que les enfants et les femmes dans les conflits armés.  En dépit des progrès normatifs enregistrés, et des intentions louables, on reste dans le champ de l’abstrait et, chaque jour, la situation empire sur le terrain.  Il a estimé fondamentale une cohérence entre la théorie et la pratique ainsi qu’une stratégie intégrale en trois axes: application du droit international humanitaire, renforcement du travail des organisations humanitaires et responsabilité pour mettre fin à l’impunité.  Il a lancé un appel à tous les États qui ne l’ont pas encore fait pour qu’ils adhérent à tous les instruments internationaux relatifs au droit international humanitaire et aux parties au conflit pour qu’elles respectent leurs obligations internationales.  Il a également exhorté les États à intégrer ces normes et principes dans leurs législations et pratiques nationales.

Le représentant a estimé que le refus de l’accès ou le blocage de l’assistance humanitaire ne faisaient qu’aggraver la situation de la population dans une situation de conflit armé.  Lorsqu’une telle assistance est insuffisante, les missions de maintien de la paix et les agences spécialisées des Nations Unies dans les zones de conflit jouent un rôle déterminant dans la protection des civils, a-t-il dit, soulignant l’importance de reconnaître leur travail.  M. Heller a considéré que l’existence de la Cour pénale internationale (CPI), complémentaire de la juridiction nationale, devait servir de mécanisme efficace contre des crimes lorsque les structures judiciaires nationales ont disparu du fait des conflits.  À cet égard, il a plaidé en faveur de l’universalité du Statut de Rome et a conclu que la résolution adoptée ce matin constituait un nouveau pas dans cette voie.  

M. MICHAEL SPINDELEGGER, Ministre des affaires étrangères de l’Autriche, qui présidait également le débat, a déclaré que la protection des civils dans les conflits armés était une priorité de son pays, et c’est pourquoi, l’Autriche a pris l’initiative de présenter aujourd’hui, avec ses coauteurs, un projet de résolution sur la question, 10 ans après son inscription à l’ordre du jour du Conseil de sécurité.  De nombreux défis montrent qu’il est urgent de redoubler d’efforts en matière de maintien de la paix, a-t-il dit, en soulignant que les mandats du Conseil de sécurité doivent être, à cette fin, mis pleinement et promptement en œuvre sur le terrain.   Le Conseil de sécurité doit faire de la question de la protection des civils dans les conflits armés un objectif quotidien, a renchéri le ministre autrichien, en ajoutant que les violations graves doivent faire l’objet d’enquêtes approfondies, le Conseil ayant un « rôle majeur à jouer, non seulement pour punir les fautifs mais aussi pour prévenir des violations futures et pour promouvoir la réconciliation nationale ».  Le Ministre autrichien des affaires étrangères a par ailleurs appelé les États Membres à s’unir pour s’attaquer efficacement à la prolifération illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC), « à l’origine du sous-développement et des conflits interminables qu’il engendre.»  M. Spindelegger a conclu en réaffirmant l’engagement de l’Autriche à mettre dûment en œuvre la résolution 1894, un texte qui contribuera à « garantir la sécurité de ceux -femmes et enfants notamment- qui sont souvent les victimes des atrocités de la guerre ».

M. CESARE MARIA RAGAGLINI (Italie) a déclaré que mettre fin aux violences sexuelles perpétrées en situation de conflits armés était un élément clef de la protection des civils.  De l’avis de sa délégation, le Conseil de sécurité a fait preuve d’un grand leadership dans ce domaine en adoptant ses résolutions 1820 et 1888.  Le représentant de l’Italie a ensuite affirmé que pour protéger les civils, les Casques bleus devraient être munis de directives sur les actions à prendre sur le terrain et suivre une formation appropriée.  Ils doivent notamment être en mesure de gérer des situations de crise qui risquent de mettre en danger la vie des civils, notamment celle des femmes et des enfants, a-t-il estimé.  M. Ragaglini a également souligné l’importance de fournir des ressources et d’équipements adéquats aux Casques bleus.

Le représentant a poursuivi en affirmant que la Cour pénale internationale devrait être considérée comme un instrument complémentaire pour réprimer les crimes internationaux.  C’est à l’État de répondre en premier lieu à toute grave violation du droit international humanitaire et des droits de l’homme commise sur son territoire, notamment les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, a-t-il dit.  Il lui incombe également, a ajouté M. Ragaglini, de sensibiliser sa population aux  principes du droit international humanitaire, notamment au sein des forces armées.   Le représentant s’est par ailleurs félicité de la référence faite dans la résolution 1894 à la responsabilité de protéger.  Ce principe, a-t-il estimé, souligne que la souveraineté nationale est assortie de responsabilités particulières.  La responsabilité de protéger ne doit pas être perçue comme une confrontation, mais comme un instrument dont dispose la communauté internationale pour surmonter les crises, a précisé M. Ragaglini.

M. ANDERS LIDÉN (Suède), qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, a déclaré que le Conseil de sécurité devrait promouvoir systématiquement le respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme dans les situations inscrites à son ordre du jour pour assurer la protection des civils.  Le Conseil de sécurité devrait aussi envisager d’imposer des sanctions ciblées et graduelles à l’encontre des parties aux conflits armés qui commettent des violations du droit international, a-t-il souligné.  En outre, il faut permettre à toutes les parties en conflit, y compris les groupes armés non étatiques, d’établir un dialogue.  Malheureusement, dans de nombreux conflits, l’impunité prévaut du fait d’une absence de volonté politique d’y mettre fin, a déploré M. Lidén.  Cette culture de l’impunité facilite la poursuite des violations, alors que toutes les mesures devraient être prises pour que leurs auteurs soient traduits en justice, a ajouté le représentant, qui a demandé que tous les États ratifient le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI).  Rappelant l’adoption par l’Assemblée générale de sa résolution 63/308 sur la responsabilité de protéger, il a estimé qu’il faudrait l’intégrer dans le cadre normatif général.


M. Lidén a jugé nécessaire de relever les lacunes qui subsistent dans les mandats des opérations de maintien de la paix et a ajouté que les ressources qui leur sont fournies devraient répondre aux exigences de leur mandat en matière de protection des civils.  L’Union européenne travaille avec le Secrétariat de l’ONU et les pays fournisseurs de contingents pour mettre en œuvre les concepts opérationnels contenus dans le document « Nouvel horizon » établi par le Département des opérations de maintien de la paix, a précisé M. Lidén, qui a demandé l’application effective de l’ensemble des résolutions déjà adoptées par le Conseil de sécurité en matière de protection des civils.  L’action humanitaire est trop souvent gênée dans les conflits armés, ce qui prive des millions de personnes de l’assistance dont elles ont besoin, a fait observer M. Lidén, qui a noté une augmentation inquiétante du nombre d’agressions contre le personnel humanitaire des organisations non gouvernementales ou des Nations Unies.  De tels actes ne disparaîtront pas sans une action concertée, a-t-il déclaré, affirmant qu’il faudrait faire mieux comprendre le caractère neutre, impartial et indépendant de l’assistance humanitaire.

À suivre…


À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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Mercredi 11 novembre 2009

BORDEAUX — En pleine célébration en France de l'armistice de la guerre de 1914-1918, une cérémonie s'est déroulée mercredi près de Bordeaux (sud-ouest), en hommage aux tirailleurs sénégalais qui ont combattu pour la France pendant la "Grande guerre".

Organisée par l'Union des travailleurs sénégalais du département de la Gironde, la cérémonie a rassemblé des officiels et des représentants de la communauté sénégalaise.

Elle a eu lieu sur le site de l'ancien camp du Courneau où, en 1916 et 1917, près de 18.000 tirailleurs sénégalais furent hébergés pendant l'hiver avant d'aller ensuite combattre sur le front plus au nord.

Parmi ces tirailleurs sénégalais, 940 sont morts dans ce camp. Des décès qui seraient dus principalement aux maladies provoquées par la très forte humidité régnant dans les baraquements installés au milieu de la forêt.

"C'est un devoir de mémoire, il ne faut pas oublier les tirailleurs sénégalais", venus du Sénégal, Mali, Burkina, Tchad, Guinée, a rappelé à l'AFP Maka Mbaye, organisateur de cette journée de commémoration.

Le camp du Courneau a servi, durant quatorze mois en 1916 et 1917, de base arrière où étaient envoyés pendant l'hiver ces combattants qui ne supportaient pas les rudes conditions climatiques du front. Un autre camp existait dans le Var, à Fréjus (sud-est), sur la Méditerranée.

Une cérémonie à leur mémoire a lieu depuis une dizaine d'années mais c'est la première fois qu'elle a pu se dérouler sur le site même de l'ancien camp, grâce à une autorisation de la base militaire de Cazaux.

L'Union des travailleurs sénégalais a profité de cette occasion pour rappeler son combat pour la "décristallisation" des pensions militaires qui permettrait d'aligner la retraite des anciens combattants des colonies sur celles de leurs homologues français.

Le député socialiste Alain Rousset, auteur d'une proposition de loi à ce sujet, a rappelé que les anciens tirailleurs sénégalais touchent une pension de l'ordre de 150 euros environ contre 600 euros environ pour les combattants français.

"Ce n'est pas un devoir de mémoire, c'est un devoir d'histoire et de vérité", a-t-il plaidé.

Copyright © 2009 AFP
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Mercredi 11 novembre 2009
Le président américain Barack Obama sur la base militaire de Fort Hood, le 10 novembre 2009

AFP/Getty Images/Joe Raedle

Le président américain Barack Obama sur la base militaire de Fort Hood, le 10 novembre 2009

Barack Obama a rendu mardi un hommage solennel aux 13 victimes de la fusillade de la base militaire de Fort Hood, au Texas, soulignant qu'aucune religion ne pouvait justifier des actes "meurtriers et lâches".

Le président américain, accompagné de son épouse Michelle en robe noire, est arrivé sur fond de cornemuses pour écouter l'hymne américain joué par un orchestre militaire. Un immense drapeau américain tendu derrière lui, Barack Obama s'est adressé aux familles des victimes, à des soldats blessés lors de la fusillade et à 15 000 personnes présentes, selon l'armée américaine.

Au pied de la tribune, chaque victime était représentée par une paire de bottes, un fusil M-4 fiché dedans, un casque sur la crosse et une photo, dans la grande tradition militaire américaine.

Le président américain Barack Obama et sa femme Michelle arrivent sur la base de Fort Hood au Texas le 10 novembre 2009.

AFP/Jim Watson

Le président américain Barack Obama et sa femme Michelle arrivent sur la base de Fort Hood au Texas le 10 novembre 2009.

Dans son discours, M. Obama a exalté les grandes valeurs américaines et dit l'incompréhension devant la tuerie de jeudi attribuée au commandant Nidal Hasan, un psychiatre militaire d'origine palestinienne.

"Il peut être difficile de comprendre la logique pervertie qui a conduit à cette tragédie. Mais nous savons la chose suivante: aucune croyance religieuse ne justifie ces actes meurtriers et lâches. Aucun Dieu juste et aimant ne peut les approuver", a dit M. Obama.

"Et pour ce qu'il a fait, nous savons que le meurtrier sera jugé, dans ce monde et dans le suivant", a déclaré M. Obama qui a rendu un hommage personnel à chacun des 13 tués.

Selon des proches du tueur présumé, qui a survécu à la fusillade, Nidal Hasan est un musulman très croyant qui redoutait un prochain départ pour l'Afghanistan.

Hommage émouvant d'Obama aux victimes de Fort Hood

REUTERS/Kevin Lamarque

"Nous sommes en temps de guerre. Pourtant ces Américains ne sont pas morts sur un champ de bataille étranger. Ils ont été tués ici, (...) au coeur même de cette grande communauté américaine. C'est ce qui rend cette tragédie encore plus douloureuse et encore plus incompréhensible", a dit le président.

Alors que sa réforme de la couverture santé semble avoir coupé le pays en deux et que ses partisans comme ses adversaires attendent sa décision sur d'éventuels renforts en Afghanistan, Barack Obama a revêtu les habits de père de la nation venu panser les plaies d'une Amérique en mal d'unité.

Un cérémonial particulièrement poignant a conclut l'hommage: l'appel final aux soldats morts jeudi. Un sergent major a appelé par leur nom aussi bien des soldats présents que les victimes de la fusillade. Après l'appel de chaque soldat mort, un long silence marquait la disparition du militaire.

Familles et proches se sont ensuite recueillis devant les portraits des victimes. Certains, en larmes, touchaient du doigt la photo de l'être cher, réconfortés par d'autre soldats.

"On dirait qu'au moins la moitié des effectifs de la base est là", estimait le soldat Peter Kniskern, venu assister à l'hommage à ses "frères et soeurs" tués jeudi.

Parmi les victimes, figuraient une soldate de 21 ans enceinte, des militaires qui allaient être déployés en Afghanistan, dont une femme de 29 ans et un père de famille de 23 ans ainsi qu'un commandant de 52 ans, immigré mexicain devenu docteur en psychologie.

Selon les premières conclusions de l'enquête, le suspect semble avoir agi seul à Fort Hood, mais il a été en contact avec une personne faisant l'objet d'une enquête antiterroriste et la police n'exclut pas la possibilité qu'il ait voulu perpétrer un attentat suicide.

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Mercredi 11 novembre 2009
Le président français Nicolas Sarkozy et la Chancelière allemande Angela Merkel dépose une gerbe sur la tombe su Soldat inconnu à Paris le 11 novembre 2009

AFP/Eric Feferberg

Le président français Nicolas Sarkozy et la Chancelière allemande Angela Merkel dépose une gerbe sur la tombe su Soldat inconnu à Paris le 11 novembre 2009

Sous l'Arc de Triomphe balayé par un vent froid, le chef de gouvernement allemand a participé, pour la première fois, aux côtés d'un président français aux cérémonies commémorant l'armistice de la guerre de 1914-1918 et la défaite de l'armée allemande.

"Madame la chancelière, en acceptant l'invitation de la France, vous avez fait ce matin un geste historique qui honore la France et les Français", a lancé Nicolas Sarkozy à son invitée, "une grande amie de la France".

Vingt-cinq ans après la fameuse photo de François Mitterrand et Helmut Kohl se prenant la main sur le champ de bataille de Verdun, le président et la chancelière ont honoré la mémoire de toutes les victimes de la Grande guerre en ravivant ensemble la flamme de la tombe du soldat inconnu, avant d'exalter la réconciliation entre leurs deux pays.

Le président français Nicolas Sarkozy et la Chancelière allemande Angela Merkel saluent la foule au pied de l'Arc de Triomphe le 11 novembre 2009 à Paris

AFP/Fred Dufour

Le président français Nicolas Sarkozy et la Chancelière allemande Angela Merkel saluent la foule au pied de l'Arc de Triomphe le 11 novembre 2009 à Paris

Symbole de ce 11 novembre exceptionnel, le Choeur de l'armée française a entonné après la Marseillaise l'hymne national allemand, devant les soldats de la brigade franco-allemande et les élèves-officiers des deux armées qui encerclaient l'Arc de Triomphe.

"Ce 11 novembre, nous ne commémorons pas la victoire d'un peuple contre un autre mais une épreuve qui fut aussi terrible pour l'un que pour l'autre", a souligné M. Sarkozy, "cela fait presqu'un demi-siècle qu'ensemble nous construisons l'avenir, chacun d'entre nous (...) refusant désormais de confondre l'amour de sa patrie avec la haine de l'autre".

Le président français Nicolas Sarkozy et la Chancelière allemande Angela Merkel au pied de l'Arc de Triomphe le 11 novembre 2009 à Paris

AFP/Fred Dufour

Le président français Nicolas Sarkozy et la Chancelière allemande Angela Merkel au pied de l'Arc de Triomphe le 11 novembre 2009 à Paris

"Je sais que ce qui s'est passé ne peut pas être effacé. Cependant il y a une force, une force qui nous aide, qui peut nous aider à supporter ce qui s'est passé. Cette force, c'est la réconciliation", lui a répondu Mme Merkel.

Tous deux ont ensuite loué l'amitié franco-allemande, "un trésor" pour le Français et un "cadeau" pour l'Allemande, et son rôle moteur en Europe, malgré les débuts difficiles du couple Sarkozy-Merkel.

"Nous partageons les mêmes valeurs, la même ambition pour l'Europe, la même monnaie", a rappelé le président français, "quand l'Allemagne et la France proposent ensemble, agissent ensemble, l'Allemagne et la France alors accomplissent de grandes choses".

"Ensemble, nous avons accompli bien de choses en Europe et pour l'Europe", a renchéri la chancelière. "Nous savons qu'ensemble, nous avons toutes les chances de relever les défis d'aujourd'hui et de demain", a-t-elle ajouté, citant la crise financière et économique ou la protection du climat.

Après la cérémonie, où figurait au banc des anciens présidents Valéry Giscard d'Estaing mais pas Jacques Chirac, les deux dirigeants se sont offert un bref bain de foule en haut des Champs-Elysées.

Le président français Nicolas Sarkozy accueille la Chancelière allemande Angela Merkel à l'Elysée à Paris le 11 novembre 2009

AFP/Martin Bureau

Le président français Nicolas Sarkozy accueille la Chancelière allemande Angela Merkel à l'Elysée à Paris le 11 novembre 2009

L'occasion pour Nicolas Sarkozy de justifier sur France 2 sa volonté de faire de ce 11 novembre un symbole franco-allemand et d'inviter la chancelière, qui a fait grincer quelques dents. "Je pense que les esprits ont évolué", a-t-il dit, attribuant la paternité de cette idée à Jacques Chirac, qui avait essuyé en 1998 un refus de Gerhard Schröder.

"C'est une semaine chargée de symboles", s'est elle aussi réjouie Angela Merkel, deux jours après les festivités du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, "c'est un moment très important pour moi".

La Reine d'Angleterre Elizabeth II et le président américain Barack Obama devaient eux aussi célébrer mercredi, à Londres et à Arlington, la fin de la Première guerre mondiale.

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Lundi 19 octobre 2009
L'épidémie de choléra fait toujours des ravages au Nigéria où 52 personnes viennent de trouver la mort dans quatre arrondissements de l'état du Borno (nord du pays).
Le nombre de morts s'élève à 149 depuis le mois de septembre. Notons aussi que 1.335 personnes ont été hospitalisées en raison de cette épidémie

Le directeur local du contrôle sanitaire, Abdallah Sadik a déclaré : "La maladie a d'abord été signalée le 10 septembre à Gwoza, à la frontière avec le Cameroun d'où elle s'est répandue vers six autres districts" a-t-il précisé. Le district de Biu, à la frontière du Tchad, pourrait être le plus touché avec 650 personnes infectées. Des médicaments ont été distribués et du personnel médical a été mis en place par le gouvernement local.

Le choléra est une maladie qui se transmet par l'eau mais aussi par les aliments, s'ils ont été en contact avec des eaux usées. Après une courte période d'incubation, il provoque des diarrhées et des vomissements puis une déshydratation qui peut être fatale.

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Samedi 17 octobre 2009
L’insécurité connaît une recrudescence dans le Pool, une région du Sud du Congo, voisine de Brazzaville, qui a connu une série de guerres civiles entre 1998 et 2003, indique le site internet de la radio RFI. De nouvelles attaques contre des trains assurant le trafic sur le Chemin de fer Congo-Océan sont signalées. L’ancien chef rebelle, le Pasteur Ntumi, nie toute responsabilité alors que le gouvernement l’incrimine. Loïc Martial l’a rencontré dans son fief de Soumouna, à 40 km au Sud de la capitale congolaise.
Des trains bloqués pendant de longues heures et leurs passagers rackettés. La paix et la quiétude qui régnaient dans le Pool semblent être perturbées. Cette ligne de chemin de fer qui relie la capitale, Brazzaville, au terminal portuaire pétrolier de Pointe-Noire, distant de 500 kilomètres, est cruciale pour le réseau des transports congolais. Elle borde aussi un ensemble de terres agricoles fertiles.

Or, ces dernières semaines, les attaques armées se sont multipliées, certaines menées par d'ex-miliciens Ninjas, adversaires de l’armée congolaise durant la guerre civile de 1998-2002, dont tous n'ont pas abandonné les armes.

Depuis son fief de Soumouna, à 40 km de la capitale,  leur ex-leader, Frédéric Bintsamou Ntumi, nie toute responsabilité dans la dégradation de la situation.

Réélu en juillet dernier pour un nouveau mandat de sept ans, le président congolais Denis Sassou-Nguesso a réclamé que son gouvernement lui soumette un plan pour rétablir la sécurité dans cette région alors que le Congo négocie avec la principale organisation agricole sud-africaine un accord de mise en valeur des terres censé réduire sa dépendance alimentaire.
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Mercredi 14 octobre 2009

Selon la FAO, 1,02 milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde en 2009. C'est 100 millions de personnes de plus par rapport à 2008.

Quelque 1,02 milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde en 2009. Selon le rapport de la FAO, l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture, le nombre de victimes de la malnutrition a augmenté de 100 millions par rapport à 2008.

D'après la FAO et le PAM (programme alimentaire mondial), cette forte augmentation est due aux crises alimentaires et économiques qui ont aggravé la situation. Mais le nombre de personnes souffrant de la faim augmente quand même régulièrement depuis dix ans.

La région Asie-Pacifique enregistre le plus de personnes sous-alimentées (642 millions). Elle est suivie de l'Afrique subsaharienne (265 millions), et de l'Amérique latine (53 millions). Les pays développés ne sont pas épargnés, 15 millions de personnes y souffrent de la faim.

Le G8 s'est engagé, en juillet, à verser 20 milliards de dollars en trois ans aux pays les plus démunis. Mais cette approche fait craindre une baisse des aides d'urgence. En 2008, le PAM a reçu 5 milliards de dollars, et cette année seulement 2,9 milliards de dollars.

Les organisations humanitaires et les experts, qui se mobiliseront vendredi pour la journée mondiale de l'alimentation, demandent à la communauté internationale d'agir pour protéger l'agriculture familiale qui fait vivre 45% de la population mondiale. Ils demandent aussi de favoriser l'agro-écologie par rapport à l'agriculture industrielle et intensive.

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Mercredi 14 octobre 2009

Plus aucune commune ne se porte candidate au projet d'implantation d'un centre d'enfouissement de déchets nucléaires en France. La réaction de Stéphane Lhomme, porte-parole de Sortir du Nucléaire.

Que pensez-vous du retrait de la candidature de la commune d'Auxon?

C'est une bonne chose. Il ne reste plus aucun candidat prêt à répondre aux offres utopiques de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactif. Il faut arrêter de penser qu'en enfouissant des déchets dans des zones "sécurisées", les problèmes du nucléaire seront réglés. A titre d'exemple, dans les années 1980, un site avait été créé dans une ancienne mine de sel à Asse en Allemagne. Aujourd'hui, c'est une catastrophe nucléaire: le site, mal sécurisé, pollue les terres et nappes phréatiques des alentours.

Stephane Lhomme, porte parole du réseau Sortir du nucléaire.

AFP/MARCO LONGARI

Stephane Lhomme, porte parole du réseau Sortir du nucléaire.

Que préconisez-vous en matière de stockage des déchets?

Il n'y a pas de solution, que des options... de mauvaises options. Mais, pour nous, l'enfouissement est la pire de toutes. Cette méthode ne fera pas disparaître les déchets comme par magie, et tôt ou tard, ça se finira en carnage. De manière générale, nous souhaitons l'arrêt de la production de déchets nucléaires. C'est pourquoi nous refusons de nous asseoir autour d'une table et de chercher des solutions car, sinon, la production de déchets continuera. Grâce à l'acharnement des associations américaines, le projet de site d'enfouissement de UK Mountain a été annulé par Barack Obama. Une initiative qui a porté ses fruits puisqu'il n'y a plus de site de ce genre aux Etats-Unis.

De manière générale, que pensez-vous de la situation nucléaire en France?

Globalement, le réseau Sortir du nucléaire est plutôt optimiste. Alors que le monde se trouve face à un fort effet d'annonce, on constate que depuis le début de la crise économique il y a de plus en plus d'annulations. L'industrie nucléaire est un gouffre financier, et la crise économique amorce son déclin. Bien sûr, il reste encore 58 réacteurs nucléaires en France, plus un en construction, mais il est peu probable d'assister à de nouvelles constructions. Cette tendance nous rassure, bien que nous soyons toujours exposés aux déchets et bien entendu aux risques de catastrophes.

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