Tchad

Lundi 16 novembre 2009

Nations Unies devraient aller au-delà de l'action humanitaire dans l'Est du Tchad si la communauté internationale veut stabiliser la situation dans cette région aux confins du Darfour (Soudan), a estimé jeudi le coordonnateur résident des Nations Unies et coordonnateur de l'action humanitaire pour le Tchad, Michele Falavigna.

La région est menacée de « somalisation » en raison de l'anarchie qui y règne, a-t-il estimé lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU à New York. Il a ainsi constaté qu'il n'y avait ni tribunal en état de fonctionner, ni prison digne de ce nom, dans une ville comme Abéché. M. Falavigna qui a pris ses fonctions il y a trois mois, a brossé le tableau d'une situation extrêmement précaire, même si des « motifs d'espoir » sont apparus avec le début du retour de certains réfugiés sur leurs « terres ancestrales », des hommes en majorité.

Il a noté que dans les camps de réfugiés soudanais, il y avait deux fois plus de femmes que d'hommes dans la tranche d'âge 18-59 ans, alors que la parité entre les sexes est à peu près équilibrée chez les enfants et les adolescents ainsi que parmi les vieillards. Pour M. Falavigna, l'explication tient au fait que si des hommes retournent, en effet, cultiver leurs terres, certains prennent les armes en se mettant aux ordres des seigneurs de la guerre, alors que d'autres se livrent à divers trafics.

« Nous devons offrir l'espoir d'une vie décente aux jeunes hommes et jeunes filles qui grandissent dans les camps », a-t-il dit. Autrement, ceux-ci ne resteront pas éternellement dans ces camps : ils choisissent la « voie la plus facile », celle des armes pour les premiers, des réseaux de prostitution pour les secondes.

M. Falavigna a insisté sur la situation d'insécurité qui prévaut dans la région. Les armes sont massivement disponibles et les enlèvements pour rançons courants: « Il y a un tel niveau diffus de criminalité que quiconque possède le moindre bien peut être attaqué ». Pour le Coordonnateur résident, « sans une présence importante de gens en uniforme, il est impossible de garantir la sécurité, sans même parler du développement ».

Il est à craindre que l'assistance humanitaire ne devienne impossible si l'on ne fait rien, car celle-ci est prise pour cible, particulièrement les organisations non gouvernementales (ONG), a-t-il souligné.

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Samedi 7 novembre 2009
UNITE - TRAVAIL - PROGRES

REPUBLIQUE DU TCHAD
PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
PRIMATURE
MINISTERE DE LA COMMUNICATION
DIRECTION DE CABINET

COMPTE RENDU DU CONSEIL DES MINISTRES


Un conseil extraordinaire des ministres s'est réuni cet après-midi sous la présidence de Son Excellence Monsieur IDRISS DEBY ITNO, Président de la République, Chef de l'Etat. Le conseil a entendu deux communications.

La première communication, faite par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a trait aux affaires en cours au service juridictionnel. Suite à un marché du ministère de l'Education, le commerçant bénéficiaire a cité plusieurs membres du Gouvernement. Les faits supposés constituent un faisceau de présomptions qui relèvent de la Haute Cour de Justice. Mais pour le moment, le juge d'instruction souhaite entendre les ministres cités dans cette affaire à titre de témoins. C'est à la suite des auditions que le juge pourrait transmettre à l'Assemblée Nationale des procès verbaux pour une éventuelle demande de mise en accusation.

Le Président de la République, Chef de l'Etat, a tenu à souligner que les ministres cités bénéficient de la présomption d'innocence. Il a ajouté que très humblement, nous devons laisser la justice faire la lumière sur cette affaire troublante. Le Chef de l'Etat a insisté sur le comportement responsable attendu de chaque membre du Gouvernement. Et de préciser que nous devons servir, et non nous servir.

Le conseil a donné son accord pour que soit pris un décret autorisant le juge d'instruction à entendre le ministre de l'Education Nationale, le ministre de la Santé Publique ancien secrétaire général de la Présidence de la République, le ministre Secrétaire Général du Gouvernement, le secrétaire d'Etat au Budget, la secrétaire d'Etat à l'Education nationale et la secrétaire d'Etat à l'Agriculture.


Fait à N'Djamena le 5 novembre 2009


Le ministre de la Communication Porte parole du Gouvernement

MAHAMAT HISSENE

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Samedi 7 novembre 2009
Haroun Kabadi, le secrétaire général de la présidence et secrétaire général par intérim du MPS, le parti au pouvoir, est actuellement en garde à vue à la police judiciaire. Il est soupçonné d’avoir reçu un pot-de-vin dans le cadre de l’enquête sur des détournements au sein du ministère de l’Éducation. Un commerçant serait parvenu à obtenir un marché public de plusieurs milliards de francs CFA pour l’achat de manuels scolaires et sur la base d’un procès verbal de réception frauduleux et en distribuant des pots-de-vin dans différentes administrations publiques, il aurait également obtenu l’exécution d’une partie du marché et donc le versement d’un milliard cinq millions de francs CFA.

 


Haroun Kabadi dément avoir reçu tout pot-de-vin. Selon son avocat, il n’aurait même jamais rencontré le commerçant en question. « Il y a eu un journal local qui avait fait des simulations des gens qui pouvaient devenir Premier ministre et il [Haroun Kabadi] était donné le premier sur cette liste. N’oubliez pas que Monsieur Kabadi est le premier responsable du MPS en ce moment par intérim. On s’achemine vers des élections législatives et présidentielle, donc c’est le premier responsable du parti qui doit diriger la campagne. Je veux dire qu’à partir de cet instant tout le monde a dégainé les couteaux. Donc Kabadi savait qu’il était sur la liste des gens à exécuter », affirme maître Jean-Bernard Padaré, avocat d’Haroun Kabadi.


Selon le parquet, Haroun Kabadi est un suspect parmi d’autres. Ils sont actuellement une trentaine issus de différentes administrations à être inculpés. Et pour Hamza Abdul, procureur de la République, personne ne cherche à manipuler la justice avec cette affaire. « Ceux qui disent ça sont vraiment mal informés. Ils ne connaissent pas le fond du dossier. Ceux qui sont vraiment impliqués le sont. Je ne pense pas qu’il y ait des pressions ou manipulations. Je ne le pense pas », assure le procureur de la République. Haroun Kabadi n’est pas formellement inculpé. Il devrait être déféré au parquet ce lundi.

Source : RFI

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Lundi 19 octobre 2009

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, appelle une nouvelle fois les Etats membres, dans un rapport publié lundi, à fournir les hélicoptères dont la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) a besoin pour assurer sa mission.

« Le Secrétariat n'a toujours pas reçu d'engagement concernant 11 des 18 hélicoptères militaires de manœuvre demandés. Le plan d'opérations militaires prévu suppose que la MINURCAT dispose de moyens de projection militaire et exige des hélicoptères capables de mener des opérations de jour et de nuit par tout temps. Je demande instamment aux États Membres de faire tout ce qui sera en leur pouvoir pour contribuer à répondre à ces besoins », écrit M. Ban dans ce rapport remis au Conseil de sécurité.

Le Secrétaire général note que la saison des pluies a amené une pause dans la spirale des affrontements entre les groupes de l'opposition armée tchadienne et le gouvernement du Tchad et qu'elle a obligé les bandits à réduire leurs activités. Elle a permis au Détachement intégré de sécurité (DIS) tchadien, à la MINURCAT et à son nouvel effectif d'entamer une phase de consolidation et de renforcement de leur capacité d'appui à l'action humanitaire, ajoute-t-il.

Selon lui, la MINURCAT a accompli des progrès constants, quoique limités, vers ses principaux objectifs. Avec la construction de ses bases avancées, la poursuite du déploiement de son effectif et le renforcement de ses capacités expéditionnaires, elle peut progressivement assurer la sécurité dans l'ensemble de sa zone d'opérations. De plus, la coordination entre le DIS et les services de la police et de la gendarmerie nationales a permis d'améliorer les procédures en matière de sécurité.

Ban Ki-moon estime néanmoins que la MINURCAT a besoin de l'engagement du gouvernement du Tchad et de ses partenaires pour réunir les conditions de son retrait, à savoir notamment le retour des réfugiés et des personnes déplacées.

Malheureusement, les initiatives de paix régionales restent au point mort du fait de tensions persistantes entre le Tchad et le Soudan. Le Groupe de contact de Dakar ne s'est pas réuni depuis novembre 2008, et l'engagement de Doha souscrit le 3 mai n'a pas été tenu. La poursuite des hostilités entre le Tchad et le Soudan éloigne les perspectives de règlement des conflits au Darfour et dans l'est du Tchad et ne fait qu'aggraver le sort des populations civiles des deux régions, note le rapport.

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Lundi 19 octobre 2009
 
 
 

Le Tchad ne s'opposerait pas à un éventuel retrait du Tchad des soldats français de l'opération Epervier, a déclaré le président tchadien, Idriss Déby Itno, à l'issue une audience vendredi avec son homologue français, Nicolas Sarkozy.

"Le retrait des soldats de l'opération Epervier du Tchad est une décision souveraine qui appartient à l'Etat français. Pour ma part, je puis assurer que le Tchad ne s'opposera pas à la fermeture de cette base, si la France le décidait", a notamment indiqué le président tchadien à la presse.

Près de 1200 soldats français sont pré-positionnés au Tchad dans le cadre de l'opération Epervier, déclenchée en 1986 par la France pour dissuader l'avancée des troupes libyennes au-de là du 16ème parallèle, rappelle-t-on.

Les soldats français de l'opération Epervier ont aidé l'armée nationale tchadienne (ANT) en renseignement, en assistance médicale et en appui aérien lors des différentes offensives des rebelles sur N'Djamena.
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Samedi 17 octobre 2009
Le Tchad et le Soudan ont déclaré dimanche vouloir "coopérer" pour le retour d'une "paix définitive" entre leurs deux pays à l'issue de discussions entre délégations soudanaise et tchadienne ce week-end à N'Djamena. Des délégations des deux pays ont, après une série de rencontres samedi et dimanche, "réaffirmé la volonté de leurs pays respectifs de coopérer pleinement et sincèrement pour le retour de la concorde et de la paix définitive conformément aux accords signés", selon leur communiqué conjoint.
Elles ont "convenu de se revoir dans les meilleurs délais à Khartoum afin d'approfondir les discussions en vue de la concrétisation de cette volonté de paix", conclut le communiqué sans fixer de calendrier.

La délégation soudanaise comprenant Ghazi Salaheddine, conseiller spécial du président Omar el-Béchir, le général Mohammed Atta al-Moula, chef du renseignement, et plusieurs hauts responsables du Darfour (province de l'ouest du Soudan en guerre civile), était arrivée samedi à N'Djamena pour relancer le dialogue entre les deux pays.

Après avoir été reçue par le président tchadien Idriss Deby Itno, les membres de la délégation soudanaise s'est entretenue avec des membres du gouvernement tchadien, dont les ministres des Affaires étrangères Moussa Faki et de l'Intérieur et de la Sécurité publique Ahmat Mahamat Bachir.

Le Soudan et le Tchad entretiennent depuis plusieurs années des relations chaotiques et s'accusent mutuellement de soutenir des mouvements de rébellion.

L'est du Tchad sert de refuge à des milliers de Soudanais ayant fui depuis 2003 la guerre civile au Darfour.

En juillet, le Soudan a porté plainte devant le Conseil de sécurité de l'ONU après des raids aériens tchadiens menés sur son territoire. Les Tchadiens avaient admis avoir bombardé des positions de rebelles tchadiens dont les bases arrière sont au Darfour.
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Jeudi 9 avril 2009

     Par Raphaël Mvogo  

     Yaoundé, 7 avril (Xinhua) -- Une Organisation non  gouvernementale (ONG) active dans le suivi du pipeline Tchad- Cameroun, la Fondation camerounaise d'actions rationalisées et de  formation sur l'environnement (FOCARFE) a organisé le 20 mars  dernier à Kribi, une ville balnéaire à quelque 300 km au sud de  Yaoundé, la capitale du Cameroun, une journée d'information sur l' impact social de cet oléoduc dans la région du Sud. 

     Un mois auparavant, une rencontre similaire concernant la  région du Centre s'était tenue à Obala, à près de 40 km à l'ouest  de Yaoundé. C'est une opération qui consistait à la restitution  des résultats d'une étude menée auprès des populations riveraines  sur les effets du pipeline Tchad-Cameroun, rendue en 2009 à la  sixième année de sa phase d'exploitation. 

     "Le cadre de vie s'est dégradé dans certaines localités à cause de la pollution des cours d'eau. Ce qui fragilise la santé des  riverains et les prive des sources d'eau potable. Les promesses  portant sur les compensations communautaires et le dédommagement  n' ont pas jusqu'ici toutes été tenues, près ou plus de dix ans  après le début de ce processus", souligne l'étude dont Xinhua a  obtenu copie. 

     "C'est aussi le cas, poursuit-elle, de la construction des  logements améliorés en faveur des pygmées, l'amélioration de leur  citoyenneté par l'établissement des cartes nationales d'identité.  En outre, les pygmées toujours sous-scolarisés". 

     Elaboré et mis en oeuvre, avec le concours de la Banque  mondiale, par un consortium, la Cameroon Oil Transportation  Company (COTCO), constituée de trois compagnies pétrolières, Exxon Mobil (40% des parts du capital), Petronas (35%) et Chevron (25%), le pipeline Tchad-Cameroun est un investissement ayant mobilisé 3, 7 milliards de dollars. Il se traduit par l'exploitation au Tchad  de 300 puits de pétrole brut dans 3 champs pétrolifères. Le  transport de cette ressource s'étend sur 1070 km, dont 891 au  Cameroun, reliant Doba à la côte Atlantique à Kribi. 

     Précisément, le pétrole tchadien est acheminé au Cameroun, qui  abrite par ailleurs deux des trois stations de pompage, sur la  côte atlantique à Kribi, où le brut est exporté vers les marchés  internationaux (le Tchad n'ayant pas un accès à la mer) et où sont installés une station de réduction de la pression et un terminal  flottant de stockage et de déchargement. L'oléoduc traverse  directement 242 villages du pays, répartis dans cinq des dix  régions administratives de ce pays et douze départements. 

     Le projet est considéré comme "le plus important du secteur  privé en Afrique subsaharienne actuellement". Cependant, FOCARFE  martèle que son impact social suscite des grincements de dents  chez les populations riveraines. "Aujourd'hui, les conflits entre  COTCO et les riverains persistent et sont à l'origine de l'  emprisonnement de certains riverains. Les abus du constructeur  sont flagrants en divers domaines tels que par exemple les  surfacturations de matériels octroyés aux communautés dans le  cadre des compensations", mentionne-t-elle. 

     Ces matériels, précise-t-elle, sont "de loin facturés plus  chers que sur le marché local où ils ont pourtant, dans le  meilleur des cas, été achetés, d'autres possibilités étant des  fabrications artisanales de piètre qualité". Parmi les exemples  cités, figure le cas des moulins livrés aux communautés à des prix fluctuants entre 700.000 et 750.000 francs CFA. Alors que, "entre  2001 et 2002 dans les quincailleries de la place, les prix des  moulins thermiques à essence de 5 CV n'excédaient pas 300.000  francs CFA".  

     Déjà, fait observer l'étude, "contrairement à ce que prévoit le catalogue de choix, en termes de puissance, soit 5 CV, les moulins inspectés sur le terrain développent une puissance variante entre  3 et 3,5 CV". 

     Une plate-forme existe pour résoudre les problèmes survenus  dans les communautés traversées par l'oléoduc. Elle regroupe le  comité de pilotage et suivi des pipelines créé par le gouvernement camerounais, des ONG et la COTCO. Outre FOCARFE, trois autres ONG  y sont associées, à savoir le Centre d'études et de développement  (CED), le Réseau de lutte contre la faim (RELUFA) et le Centre  africain de recherches forestières appliquées et de développement  (CARFAD). 

     A COTCO, les responsables réfutent les accusations de FOCARFE,  qu'ils estiment surprenantes. "L'entreprise a respecté ses  engagements pour les compensations en faveur des populations. Au  delà-de ces obligations, elle a développé toute une artillerie de  projets. Par exemple, en collaboration avec le diocèse d'Obala, un centre de santé a été construit et équipé dans cette ville. Ce  n'était pas une exigence du plan de gestion environnementale", a  déclaré à Xinhua Guillaume Kwellé, chargé de la communication et  des relations publiques. 

     Au total, a-t-il soutenu, le consortium a versé "près de 5  milliards de francs CFA au profit de près de 5.000 personnes en  terme de compensations individuelles pour la perte de l'usage  temporaire et définitif des terrains et des ressources naturelles  non ligneuses". Il a précisé que "les compensations se payaient  sous forme de micro-projets, au choix des populations". 

     En outre, COTCO a dépensé "deux milliards de francs CFA pour  les compensations communautaires". 

     "Le pipeline, cela a été un mirage pour la population. Il ne  nous a rien apporté. Personnellement, j'ai demandé qu'on me  construise une case sociale. Aujourd'hui, je la construis moi-même, avec mes propres moyens", a cependant témoigné à Xinhua le chef  traditionnel de la Lobé, à Kribi.

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Mardi 3 mars 2009


 

La Belgique a demandé à la Cour internationale de justice d'ordonner au Sénégal de poursuivre l'ex-dictateur tchadien. Les autorités sénégalaises tentent de monnayer leur bon vouloir.


Ça suffit ! La Belgique vient de taper du poing sur la table fin février. Petit rappel des faits : la justice belge est prête depuis 2005, après quatre ans d'instruction, à juger l'ancien dictateur Hissène Habré [qui a dirigé le Tchad de 1982 à 1990, et est accusé d'avoir fait assassiner des milliers de ses compatriotes] pour crimes contre l'humanité à la suite à de plaintes déposées dans le cadre de la loi de compétence universelle. Or le Sénégal, pays dans lequel Habré a été placé en résidence surveillée et qui a été chargé en 2006 par l'Union africaine de le juger, ne bouge pas, refusant d'extrader l'ancien despote vers la Belgique mais ne mettant aucune procédure en route pour le juger.

Voilà pourquoi la Belgique, qui avait émis en septembre 2005 un mandat d'arrêt international contre Habré auquel le Sénégal n'avait donc pas donné suite, vient de demander à la Cour internationale de justice (CIJ) d'ordonner au Sénégal d'enfin poursuivre pénalement l'ex-président tchadien ou de l'extrader pour qu'il soit jugé en Belgique. "L'abstention du Sénégal de poursuivre M. Hissène Habré ou de l'extrader vers la Belgique, pour qu'il réponde des crimes contre l'humanité qui lui sont imputés, viole l'obligation générale de réprimer les crimes de droit international humanitaire", indique la Belgique dans sa requête à la CIJ, qui est le principal organe judiciaire des Nations unies et dont les décisions sont contraignantes. Et, alors que le président sénégalais Abdoulaye Wade a déclaré récemment au moins trois fois que le Sénégal pourrait mettre fin à la résidence surveillée de Hissène Habré, la Belgique demande à la CIJ d'ordonner au Sénégal de prendre "toutes les mesures" pour que Habré "reste sous le contrôle et la surveillance des autorités judiciaires du Sénégal".

"Cette démarche belge est une très bonne chose", réagit Reed Brody, porte-parole européen de Human Rights Watch (HRW) et conseiller juridique des victimes tchadiennes de Habré. "Cette action vise à mettre fin à ce feuilleton politico-judiciaire qui dure depuis trop longtemps, dix-huit ans déjà. Les victimes commencent à perdre tout espoir, elles se disent qu'elles mourront sans avoir vu Habré être jugé. Il était donc temps de mettre la pression sur le Sénégal, et la Belgique l'a fait, courageusement. Nous avons toujours voulu que Habré soit jugé en Afrique, mais si le Sénégal ne le fait pas, alors il est temps de l'extrader. Il n'y a guère de doute : la requête belge va prévaloir. Le Sénégal a ici l'occasion de se ressaisir, il faut que sa justice commence enfin à instruire les plaintes déposées par les victimes de Habré." Mais le Sénégal refuse de commencer à instruire les plaintes tant que la communauté internationale ne lui aura pas versé 27 millions d'euros, montant qu'il estime nécessaire pour mener à bien le procès de Habré, une somme que certains estiment très exagérée.

"Ce n'est pas le montant qui me choque, poursuit Reed Brody, mais bien le fait que le Sénégal n'a jamais présenté de budget détaillé et crédible. Or ce budget dépendra de la stratégie de poursuite que la justice sénégalaise pourrait adopter : soit se lancer dans un procès-fleuve façon Milosevic, ou alors s'occuper de faits plus circonscrits. Le budget ne sera pas le même s'il faut convoquer 300 témoins ou une dizaine !" Quant à l'Union africaine (UA), elle joue un rôle ambigu. "L'UA a donné mandat au Sénégal pour juger Habré, mais ne lui a apporté aucun soutien effectif", détaille l'expert de HRW. "Il lui a fallu seize mois pour nommer un envoyé spécial, dont le mandat n'est pas très clair et qui est allé deux fois au Sénégal à ses frais ! L'UA s'offusque à l'idée de voir des dirigeants africains accusés de crimes contre l'humanité en Europe, mais l'Afrique devrait montrer qu'elle a la capacité de les juger elle-même. Or, dans le dossier Habré, elle a jusqu'ici démontré le contraire !" Cet immobilisme est d'autant plus rageant pour les victimes et pour tous ceux qui veulent faire avancer la justice internationale que le dossier contre Hissène Habré est en béton : il contient des documents de la police politique tchadienne expliquant par le menu comment le président Habré organisait la répression. Des preuves aussi nombreuses que solides.

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Samedi 21 février 2009

 


Le FNTR  apporte un démenti formel aux informations relayées par certains Ahmat Umar

 En ligne faisant état d’un coup de t’état contre le président de l’UFCD , et création d’une  union de forces pour le changement et la démocratie –front pour le salut et la justice (UFCD-FSJ)

 Le Haut commandement du FNTR  a automatiquement rejeté le mensonges contre leur mouvement,

Nous rappelons l’opinion nationale et internationale tous l’article que n’pas publier dans notre blog   http://houraya.over-blog.com ne concerne pas le  FNTR

Le FNTR tient à rappeler une fois pour toute que les tentatives d’individu  de nous attirer dans ses guet-apens sont voués d'avance à l'échec. 
Enfin, l’FNTR  appelle toutes les forces vives de la nation à l'unité afin de précipiter la chute du régime autoritaire du général Idriss Déby Itno.

A bon entendeur salut et vive le FNTR  pour que vive le Tchad

 

 Fait à Orléans le 19 Février 2009

 

Le président

Mahamat Charfadine
  
Courriel: fntrtchad@aol.com

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Dimanche 8 février 2009
À propos du mépris d’une certaine classe politique pour sa jeunesse militante
http://www.ialtchad.com/chroniquelyadishnew3.jpg

L’intitulé de cette communication, prononcée à l’occasion d’un colloque en janvier 2009 à Orléans, est assez salé, voire d’une amère violence, j’en conviens volontiers. Mais il ne fait qu’exprimer mon profond sentiment face à ce qui est annoncé en sous-titre. Le lecteur aura donc déjà compris que ce je voudrais exposer ici, ce n’est pas tant un plaidoyer pour la reconnaissance d’une jeunesse militante longtemps méprisée, mais c’est surtout un réquisitoire contre une certaine classe politique manifestement bornée, irrémédiablement rongée par l’individualisme et la recherche égoïstement effrénée d’un niveau hiérarchique prétendument convoité, de l’illusion d’une immortelle renommée. Parler des rapports d’une « certaine classe politique » et de « sa jeunesse militante », impose donc de situer le contexte. Ce qui n’est pas difficile, vous l’aurez compris sans doute.

La classe politique méprisante et égoïste dont il est ici question, c’est l’ensemble des structures politiques, partis et mouvements politico-armés contemporains qui détiennent actuellement le pouvoir et l’exercent ou qui aspirent à conquérir le pouvoir pour l’exercer à leur tour prochainement. Cette classe politique est essentiellement composée des « enfants du Frolinat » et des « enfants des adversaires du Frolinat ». Il s’agit donc de la deuxième génération d’hommes politiques tchadiens (1982-2008) ; la première génération (Tombalbaye, Koulamallah, Sahoulba, Nassour, Tchéré, Kotoko, Kheralla, Ngaba), altruiste, généreuse et reconnaissante, étant selon moi celle des années pré et post-Indépendances (1958-1979) qui n’a posé aucun frein aux ambitions politiques de sa jeunesse. Il y a une génération intermédiaire, qui a fait partie de la première génération et qui fait actuellement partie de la deuxième génération. Celle-là n’est pas la plus nombreuse (A. Kamougué, B. Alingué, Lol M. Choua, A. Lamana), mais ce fait ne l’exempte pas de reproches, car certains de ses membres se sont comportés exactement comme leurs congénères contemporains. Cette génération est donc aussi méprisante et égoïste que ses cadets envers sa jeunesse militante, la troisième génération selon moi. Le contexte ainsi défini, je vais vous dire maintenant quelles sont les raisons qui me poussent à une telle affirmation en  procédant à une brève anatomie de la classe politique dans cet ordre : la nouvelle Union des forces de la Résistance (UFR), les partis politiques de l’opposition et le régime au pouvoir.

L’Union des Forces de la Résistance (UFR) : une drôle de façon d’encourager une jeunesse cyber-combattante et en battle dress. Les exemples sont parfois plus parlants qu’un exposé théorique. Alors, connaissez-vous sans doute Mahamat Assileck Halata, l’inaltérable chargé de la communication de l’UFDD France et Europe. Connaissez-vous également Houlé Djonkamla, idéologue incontesté de l’UFCD, ainsi que Félix Ngoussou, Représentant du RFC aux USA. Ces hommes, qui ne sauraient être de la deuxième génération d’hommes politiques contemporains, parce que nettement plus jeunes, ne contribuent pas moins de façon active aux activités politico-armées des dirigeants de la rébellion qui, eux, appartiennent tous à cette deuxième génération égoïste et méprisante. En quoi ces exemples justifient-ils mon propos ? Et bien, vous l’avez sans doute remarqué, l’UFR a rendu public la composition de son bureau exécutif où, excusez du terme, ne figurent que les mêmes dinosaures qui appartiennent à la même génération, à l’exception d’Abakar Tollimi. Mais il faut souligner que ce dernier est dirigeant d’une force armée importante qui était venue renforcer les rangs de l’UFDD. Sa désignation au Bureau exécutif s’imposait sans discussion, sachant que le général Mahamat Nouri a préféré occuper le siège de « personnalité ressource » de l’UFR.

Fidèles au grossier trait qui les caractérise et aveuglés, comme toujours, par la recherche de leurs propres intérêts, les dirigeants de la nouvelle union n’ont pas eu le moindre égard pour cette jeunesse dont l’implication aux côtés de la rébellion n’est plus à démontrer. Les soldats de la résistance sont essentiellement des jeunes qui partagent les convictions des aînés et acceptent de mourir pour que leur pays soit libéré des mains assassines. D’autres jeunes expriment autrement leur activisme : Makaila, Abdelmanane, Bourma, Valentin Homadji, Mahamat Saleh, Chidi, Galmaye, Khirachi, Adoum, Souleymane, Abakar, et bien d’autres anonymes, etc., N’ont-ils pas le droit d’avoir des ambitions politiques nationales ? Si la réponse est oui, alors, ce n’est pas en les ignorant qu’on fera d’eux des hommes politiques de demain.

Je suis conscient que l’heure n’est pas à la chicane et que le Bureau exécutif de l’UFR n’est pas un gouvernement où chacun doit y être nommé. Néanmoins, comme les dirigeants de l’UFR ne se sont pas privés de faire recours à cette jeunesse pour combattre et faire la propagande sur internet dans leur intérêt, la moindre des récompenses c’est de commencer à témoigner à cette jeunesse de la reconnaissance en désignant, parmi les militants, au moins une personne à laquelle elle pourra s’identifier. Après l’élection d’Obama à la tête des USA, vous avez sous doute entendu à la radio ou vu à la télé des Noirs, émus, dire : « moi aussi, je peux maintenant espérer que mon enfant devienne un jour président des USA ». Que feraient 99% de ces Noirs à la prochaine élection ? Je vous laisse deviner à qui ils donneront leur vote à la prochaine présidentielle. La reconnaissance est le moteur du progrès.

L’opposition démocratique : des roitelets sans cour ni jeunesse militante. Dans une interview, qui date de 2007, le général Kamougué s’étonnait du fait que les jeunes désertent les partis politiques au profit des associations de défense des droits de l’Homme. Il disait déplorer cette situation et espère que de bonnes âmes soient intéressées pour reprendre un jour la direction de l’URD, son parti politique. Il faut dire qu’à 70 ans révolus, le général Kamougué va être de moins en moins apte à diriger son parti et l’on se demande même s’il va se présenter à la présidentielle de 2011. Ce qui est étonnant, c’est qu’à l’arrivée de Déby au pouvoir, l’homme n’avait que 50 ans et des poussières et il avait déjà créé son parti, sans que l’on sache aujourd’hui qui en est le second, encore moins le porte-parole. C’est aussi le cas d’Alingué Bawoyeu (+72 ans), de Lol Mahamat Choua (+70 ans) de Lamana Abdoulaye (72 ans), de Lossomian (+72 ans) qui ont créé leurs partis politiques au début des années 1990. Avez-vous déjà entendu une jeune personne (25-35 ans) parler au nom des partis de ces dinosaures ou même être désignée comme préfet, sous-préfet ou simplement comme candidats aux législatives passées ?

À l’annonce de l’entrée de la CPDC au gouvernement en mai 2008, on avait cru qu’ils allaient y envoyer des jeunes cadres de leurs partis politiques. Hélas, sous prétexte que la jeunesse a déserté leurs mouvements, les dinosaures se sont précipités en personne pour se mettre au service de leur bourreau. Malgré le poids de l’âge, ces hommes s’accrochent au pouvoir comme à une bouée de sauvetage contre l’irrésistible progression de la Faucheuse. Une attitude forgée en réalité de longue date par l’égoïsme, l’égocentrisme et le manque de considération pour les plus jeunes. Dans 10 ans, quel jeune militant voudra reprendre la direction de l’UDR, l’URD, le RDP ou encore l’UN ?

Le régime autocratique du MPS : cachez ces jeunes, qu’on ne saurait voir. Il y a un paradoxe assez révoltant à entendre les discours démagogiques de Déby à l’endroit de la jeunesse et de constater que pas un seul jeune de la tranche 25-35 ans, (donc né après 1970) ne fait partie de la direction politique du MPS ou même occuper un poste de maire d’une grande ville, d’une commune de N’Djamena, un poste de conseiller aux représentations nationales à l’étranger. Investi et infesté par les éléments de la génération égoïste et méprisante, celle de l’après 1982, que Hissein Habré a pourtant portés sur les fonts baptismaux de la politique alors qu’ils étaient encore jeunes, le régime de N’Djamena déploie tous les moyens pour camoufler l’existence de la jeunesse qui milite en son sein. Mahamat Hissein s’était illustré par sa politique d’exclusion de la jeunesse des instances du parti. Ses prédécesseurs ainsi que son successeur n’ont eu guère d’égards envers la jeunesse du parti, préférant les confiner à des tâches peu gratifiantes pour mieux s’assurer leur fidélité tout en leur miroitant des lendemains meilleurs. Mais ces lendemains arriveront-ils un jours pour cette troisième génération ? Après sa nomination au poste de Premier ministre, Youssouf Saleh Abbas, prétendument ouvert d’esprit, a appelé à son cabinet une équipe dont l’âge moyen est de 55 ans. Pas un seul membre de son cabinet n’a moins de 48 ans ; le plus âgé ayant 70 ans. Pourquoi le PM se méfie-t-il à ce point des jeunes collaborateurs ?

Certains s’empresseront de me rétorquer : « Yaya Dillo, n’est-il pas jeune ? Mahamat Nour Abdelkérim, n’est-il pas jeune ? » ou encore « tous ces jeunes que l’on voit à la présidence, aux directions des ministères…, pourquoi tu les passes sous silence ? ». Mais tout comme je l’ai déjà indiqué pour Abakar Tollimi, il ne faut pas confondre la situation de ceux qui se sont imposés par une démarche politique particulière de celle de ceux qui partagent les convictions des leaders politiques et se battent à leurs côtés pour atteindre un objectif mais qui sont jetés après avoir été pressés tels des citrons.

Bref, il est un constat indéniable qu’une certaine génération politique qui se veut élitiste adopte une attitude à la fois esclavagiste et égoïste envers sa jeunesse militante. Il faut le dire sans langue de bois, ces hommes politiques se comportent ainsi de façon consciente et délibérée pour s’assurer une place et une longévité en politique. Moins on verra des jeunes personnes occuper des postes importants dans les instances dirigeantes, moins ils auront de la visibilité et mieux les élans ambitieux seront jugulés et étouffés. Mais alors pourquoi s’étonner face à la multiplication des structures politiques dans notre pays ? Une personne qui estime avoir des ambitions non reconnues dans son groupe cherchera toujours à les réaliser d’une manière ou d’une autre. D’où la prolifération des partis politiques et mouvements politico-armés par création directe ou par scissions. Aussi, Dès lors, pour ordonner la cité, quelle qu’elle soit afin de la rendre plus solide, plus durable, importe-t-il de témoigner de la reconnaissant aux membres quel que soit leur âge. Le droit d’aînesse n’est pas un principe valable en politique.

 

Lyadish Ahmed

Orléans, le 7 février 2008


*Communication prononcée au colloque « Héritage et expérimentation en politique dans les pays d’Afrique francophone » organisé par l’ONG Démocratie Effective le 31 janvier 2009 à Orléans. 


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